Un rapport qui accuse des policiers

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Vingt-sept cas de violences policières illégitimes ont été recensés à Toulouse par la Ligue des droits de l'homme (LDH), entre juillet 2004 et décembre 2006. Ce rapport « non exhaustif », dévoilé hier, vise à dénoncer « des dysfonctionnements graves et la dérive sécuritaire dans le pays ». Sur les dossiers analysés, seize trouvent leur origine sur la voie publique, de jour comme de nuit, et impliquent des policiers en tenue. « Il s'agit souvent de gestes superflus, comme un serrage exagéré des menottes ou un pied placé sur une personne à terre », souligne Chantal Tanguy, la coordinatrice du rapport.

Autre préoccupation, la difficulté des victimes à se faire reconnaître comme telles. Selon la LDH, 70 % des policiers auteurs des violences cherchent à se dédouaner en déposant eux-mêmes une plainte pour « outrage et rébellion ». « Ces plaintes sont généralement jugées en comparution immédiate et conduisent presque systématiquement à une condamnation. Tandis que celles des victimes sont souvent classées sans suite ou jugées longtemps après. La personne se présente donc en coupable devant le tribunal », explique l'avocat Pascal Nakache, qui estime que la jonction des deux plaintes devrait être la règle. Le rapport s'inquiète aussi des conditions de détention en cellule de dégrisement. « Faut-il vraiment se déshabiller quand on a bu un coup de trop ? », s'interroge Chantal Tanguy.

H. M.

Didier Martinez, porte-parole de l'Unsa-police, trouve ce rapport « exagéré, voire naïf » : « La Ligue se base sur des témoignages verbaux émanant de délinquants. Et elle méconnaît totalement nos procédures. »