Des QR Codes sécurisés et invisibles, made in Toulouse

Béatrice Colin

— 

Sur une plaque de 1 cm2, quelque 10 000 QR Codes sont imprimés.
Sur une plaque de 1 cm2, quelque 10 000 QR Codes sont imprimés. — F. Scheiber/20 Minutes

Impossible de les voir à l'œil nu. Et pourtant sur une plaque de 1 cm2, l'équipe toulousaine Nanotech, dirigée par Laurence Ressier, a réussi à imprimer 10 000 QR Codes. Deux fois plus petits que le diamètre d'un cheveu, ces tags d'un genre nouveau, réalisés à partir de nanoparticules luminescentes, pourraient d'ici à deux ans faire leur apparition sur des titres sécurisés et peut-être un jour sur l'ensemble des cartes bancaires, billets ou passeports. Cela fait vingt-quatre mois que l'équipe du Laboratoire de Physique & Chimie des Nano-Objets – partenariat entre l'Insa, le CNRS et l'université Paul-Sabatier – bosse sur cette innovation.

Traçabilité, contrefaçon


Son objectif : lutter contre la contrefaçon et proposer une meilleure traçabilité. Lorsqu'un accident de voiture se produit, suite à la défaillance d'une pièce, on a besoin de savoir où celle-ci, quelle que soit sa taille, a été produite et à quelle date, et s'assurer de son authenticité. «C'est de plus en plus vrai car il y a une mondialisation de la production et un même composant peut être réalisé dans plusieurs usines pour la même société. Aujourd'hui, un constructeur automobile est parfois obligé de rapatrier plusieurs centaines de milliers de véhicules en cas de défaillance avérée d'une pièce. Grâce à ces micro tags on pourra cibler quelques milliers», explique Laurence Ressier. Et ce qui est vrai pour l'automobile, l'est pour l'aéronautique, l'espace, les laboratoires pharmaceutiques et leurs plaquettes de médicaments, ou encore le monde du luxe et leurs bijoux uniques et hors de prix.

■ Brevet

Un brevet a été déposé. Toulouse Tech Transfer valorise cette innovation et va signer un accord de licence avec la start-up Nanolike qui veut l'industrialiser dans le secteur des titres d'identité sécurisés.