Nouveau round pour les faucheurs

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Les huit faucheurs volontaires de Menville devront attendre le 7 février pour connaître leur sort. Condamnés le 15 novembre 2005 par la cour d'appel de Toulouse pour avoir détruit un champ de maïs transgénique en juillet 2004, ils étaient hier devant la chambre criminelle de la Cour de cassation, chargée d'examiner leur pourvoi. Parmi eux, José Bové, qui a écopé de la plus lourde sanction : quatre mois de prison ferme. Mais aussi Noël Mamère et deux élus toulousains, François Simon et Pierre Labeyrie, qui ont eu des peines de prison avec sursis.

Les prévenus doivent s'acquitter collectivement du versement de 110 000 e aux trois semenciers parties civiles. Une somme a déjà été saisie sur les comptes du député-maire de Bègles, à la demande de le société Pioneer. Devant l'ultime juridiction française, leur avocat a indiqué qu'ils avaient agi au nom du « principe de précaution ». Un argument qui n'a pas fait mouche auprès de l'avocat général parisien, Laurent Davenas. Le magistrat a demandé le rejet du pourvoi, estimant que si ce principe est inscrit dans la Constitution française, il a uniquement une valeur incitative. « Mais en Grande-Bretagne et ailleurs en Europe, la justice relaxe les personnes ayant appliqué le principe de précaution », rappelle le député européen vert Gérard Onesta, un des faucheurs poursuivis. Fort du soutien du Parlement de Strasbourg, l'élu s'insurge car « ces champs OGM sont tous illégaux selon une directive européenne, et c'est pour cela que nous avons fauché symboliquement. La justice française nous condamne, alors que d'un autre côté l'Etat va devoir payer des millions pour ne pas appliquer cette directive. »

B. C.

Les faucheurs volontaires se reverront le 27 mars. Le tribunal correctionnel de Villefranche- de-Lauragais, les jugera pour avoir détruit des parcelles à Saint-Hilaire et Daux l'été dernier.