Luzenac et le défi de la L2

Nicolas Stival

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Jérôme Ducros, président du LAP, dirige un groupe immobilier toulousain.
Jérôme Ducros, président du LAP, dirige un groupe immobilier toulousain. — F. Scheiber/20 Minutes

Vendredi à Foix, le Luzenac Ariège Pyrénées (LAP) devra battre Uzès-Pont-du-Gard, lanterne rouge de National, pour effacer la défaite au Red Star (4-2). Malgré ce faux pas, le dauphin du leader Orléans compte sept points d'avance sur le quatrième (les trois premiers sont promus). Le président Jérôme Ducros prépare donc la très possible montée en L2 de son club, issu d'un village de 650 habitants.

Un effectif à garnir. «Aujourd'hui, nous avons 21 joueurs, il faut passer à 24 ou 25 avec des éléments confirmés de Ligue 2, indique le dirigeant. 70 % de l'équipe actuelle a le niveau L2. On veut garder cette base et jouer à fond sur la dynamique de la montée.» Les expérimentés Westberg, Dieuze, Outrebon et Dona Ndoh, meilleur buteur du National (14 réalisations) attendent du renfort. Mais le nombre global de salariés du LAP devrait aussi passer «d'une trentaine à une quarantaine», avec une secrétaire de direction, un commercial à plein-temps et un staff médical renforcé.

Un budget doublé. Le budget actuel (2, 5 millions d'euros) va nettement augmenter en cas d'accession. «En L2, on trouve des budgets de 4, 5 millions, observe Jérôme Ducros. Cinq millions, ce serait bien. 60 % seront payés par les droits télé, soit une part fixe de trois millions d'euros.» Outre cette manne, inexistante en National, un club de L2, forcément doté du statut professionnel, peut compter sur un charme accru auprès des annonceurs.

EDF et Andorre appâtés. «Des sponsors nationaux se sont rapprochés de nous, affirme Ducros. Ainsi, un partenariat avec EDF France est acquis, même en National. Il serait revalorisé en cas de montée.» Par ailleurs, l'office du tourisme andorran, déjà partenaire du Stade Toulousain, est également intéressé par le LAP, s'il accède à la L2. «Il y a une proposition sur la table mais nous n´avons pas encore pris de décision», assure-t-on du côté de la Principauté.

■ Le stade, gros point d'interrogation

Le LAP s'entraîne à Castelmaurou, près de Toulouse où vivent ses joueurs. Depuis novembre 2012, il ne joue plus à domicile à Luzenac, mais à Foix. Mais la capacité et l'éclairage du stade Jean-Noël Fondère ne collent pas aux normes de la L2. «Il faut au moins 12 000 places assises, or nous n'en avons que 1 800, note Ducros. Même si on peut avoir une dérogation de deux ans, on doit disposer d'un grand stage ariégeois. Il faut en parler avec les élus.»