Un direct entre Toulouse et les étoiles

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Le satellite Corot a été lancé avec succès depuis Baïkonour (Kazakhstan) le 27 décembre. La mise en orbite de ce satellite chasseur d'exoplanètes – des planètes en dehors de notre système solaire – a été suivie avec une attention toute particulière à Toulouse. C'est dans les laboratoires du Cnes de la Ville rose que la mission Corot, qui étudie la rotation des étoiles et les transits des planètes extrasolaires, a été mise au point à partir de 1998 par une cinquantaine d'ingénieurs. Et c'est également depuis le siège du Centre national des études spatiales que le télescope est piloté. « Une dizaine de personnes suivent les évolutions de Corot 24 heures sur 24, elles veillent à ce qu'il soit bien alimenté en énergie par ses panneaux solaires, qu'il n'ait pas trop chaud ni trop froid et qu'il soit sur la bonne orbite », explique Thien Lam Trong, chef de projet Corot.

Opérationnel début février, le satellite enverra alors ses premières investigations sur la recherche de nouvelles étoiles et de planètes en dehors du système solaire. Des résultats attendus avec impatience par Sylvie Vauclair, astrophysicienne au sein d'un laboratoire de l'Observatoire Midi-Pyrénées, et par une dizaine d'autres scientifiques toulousains. « Le lancement de Corot est l'équivalent de la découverte de l'Amérique par Christophe Colomb », s'enthousiasme Sylvie Vauclair. La scientifique espère, à partir des données envoyées par le satellite, étudier en détail la structure de nouvelles étoiles.

Philippe Font

Corot ne change d'angle d'observation que tous les cinq mois. Les scientifiques disposent ainsi d'un outil fonctionnant en continu, au lieu de ne scruter les étoiles que depuis le sol et de nuit.