Logés à l'enseigne de Don Quichotte

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Les douze premières tentes du campement toulousain des Enfants de Don Quichotte ont été montées sous une pluie battante, hier après-midi. Toutes différentes, elles donnent une allure bigarrée au terre-plein central des allées François-Verdier. Un chargement d'Emmaüs est venu compléter l'installation avec des lits pliants, des couvertures et un grand marabout. Il y a aussi, en guise de totem, la tête en papier mâché du Don Quichotte géant qui orne d'habitude le squat culturel La Chapelle.

C'est dans ce nouveau décor, planté dans le calme sous la surveillance d'un important dispositif policier, que Philou compte passer les prochains jours. « C'est la même tente, la mienne, sauf qu'en général, je campe en bord de la Garonne, loin des regards. Alors, si cette nouvelle exposition peut faire réfléchir certains esprits bien-pensants, bien logés au frais de l'Etat et qui nous laissent dormir dehors par des températures négatives... » Cette nuit, Philou devait avoir pour voisin Stéphane Coppey, élu Vert de Balma. Ce dernier, « pas frileux », a ressorti son matériel estival pour « soutenir l'action des sans-logis et des mal logés en général ». Céline et Catherine, deux amies pour qui être là est une « évidence », n'avaient pas prévu de dormir sur place, mais elles ont changé d'avis. Parmi les autres visiteurs, beaucoup d'élus ou de militants de gauche et des syndicalistes. « Peu importe ce qu'ils sont, nous les accueillons en tant que citoyens », explique Marion Grange, la coordinatrice du mouvement. Les tentes resteront là « tant que les députés n'auront pas examiné et appliqué la charte de Don Quichotte ».

Hélène Ménal

Les « Don Quichotte » ont reçu un bon accueil de la part des militants locaux. Le Groupe accueil et fraternité (GAF) a mis son fax et ses locaux à leur disposition et le collectif SDF 31 s'est chargé d'alerter les éventuels campeurs.