La chimie passe au vert

Hélène Ménal

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Au pays d'AZF, l'industrie chimique doit ramer deux fois plus fort qu'ailleurs pour redorer son blason. Cette problématique d'image se double de la nécessité d'assurer la transition du secteur, en délaissant les matières premières à base de pétrole pour se tourner vers des gisements renouvelables comme les huiles végétales ou les molécules de synthèse. Les patrons régionaux de la filière se sont donc retroussé les manches. Lundi, ils ont annoncé la création d'un «cluster chimie verte», une association au sein de laquelle des entreprises parfois rivales vont désormais jouer groupées. Pour nouer des liens avec les laboratoires de recherche par exemple ou encore s'approvisionner en matières premières. «Nous envisageons aussi de mutualiser la gestion des déchets», indique Cédric Cabanes qui à ses casquettes de patron d'Agronutrition et de président régional de l'Union des industries chimiques (UIC) ajoute désormais celle de président du nouveau cluster. Pour l'heure, une trentaine d'entreprises a rejoint l'aventure.

Wagons partagés


Parmi elles, il y a le site BASF de Boussens. Ses 108 salariés produisent essentiellement des alcools gras (d'origine végétale) pour la cosmétique. Affiliée à un géant mondial de la chimie, cette usine n'a a priori pas besoin du cluster pour avancer. «Il offre une opportunité de synergie réelle», explique pourtant son directeur, Yannick Basso. Il cite l'exemple de ses déchets de silice «traités à Frontignan» pour finalement atterrir dans une cimenterie toulousaine. «Si les quantités sont mutualisées peut-être le traitement pourra-t-il se faire dans la région toulousaine ?», avance le responsable. Il imagine aussi que le convoi SNCF qu'il affrète pour son approvisionnement hebdomadaire pourrait profiter à d'autres.

■ En chiffres

Dans la région Midi-Pyrénées, ce secteur industriel compte 134 entreprises (surtout dans le Tarn et la Haute-Garonne) qui emploient 5 100 salariés. Pour l'heure, 30 % d'entre elles font de la chimie verte.