Attention, joute verbale

Eric Dourel

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Giu, une pièce de la Compagnie Scimone Sframeli.
Giu, une pièce de la Compagnie Scimone Sframeli. — Andrea Coclite

On pense à un joueur de flûte qui enchaîne ses notes, comme d'autres enfilent les perles. Sauf que là, ce sont des mots qui sortent en rafales, pour former une mélodie envoûtante et enivrante. Du coup, dans Giu, les acteurs ne jouent pas, ils se battent, se chiffonnent à travers une joute verbale, aussi burlesque que tragique. Et le fait que ce soit en italien, langue musicale par excellence, cela donne l'impression de s'être fait ensorceler par cette pièce de la Compagnie Scimone Sframeli.

Du fond du trou


Tout commence dans une salle sobre et dépouillée. Un homme se rase. Soudain, du fond d'une gigantesque chiotte, surgit la tête d'un garçon qui l'interpelle. On comprend qu'il s'agit de son fils. Un dialogue s'installe. Un curé révolté et un sacristain, eux aussi venus des abysses, font leur apparition. Sans le vouloir, on se retrouve à fouiner dans l'intimité de ces êtres, pour découvrir les liens qui les unissent. Une pièce sincère et impitoyable où se mêlent drame, ironie, dénonciation et comédie.