L'A380 déclaré bon pour le service

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Petite éclaircie dans une année noire pour l'A380. A Toulouse du moins. Hier, tandis que la police perquisitionnait le siège parisien d'EADS, la maison mère d'Airbus, le super-jumbo recevait dans la Ville rose son « permis de voler ». Un « certificat de navigabilité » délivré simultanément par les autorités américaines et européennes. Ce double adoubement conclut une campagne de plus de huit cents vols d'essais durant lesquels l'A380 n'a rencontré aucun problème technique majeur. « Cette certification (...) confirme que l'appareil répond, voire dépasse les attentes en termes de performances, d'autonomie, de respect de l'environnement et de confort », s'est félicité Louis Gallois, le président d'Airbus et coprésident d'EADS.

Avant de fêter au champagne « ce jour historique pour l'aéronautique civile », les dirigeants d'Airbus n'ont pas oublié de saluer leurs salariés, qui « traversent des temps difficiles ». Personne n'a fait d'allusion au plan d'économies Power 8, dont les modalités sont loin d'être connues. Tout juste Louis Gallois a-t-il concédé une « ombre » au tableau, en faisant référence au problème d'usinage de l'avion. Car, si l'A380 peut désormais théoriquement assurer des vols commerciaux, il manque les appareils pour le faire. La chaîne de fabrication est en stand-by et dix-sept tronçons d'avion attendent d'être recâblés à Toulouse. « Les dernières nouvelles que j'ai reçues indiquent que nous tiendrons les nouveaux délais annoncés », a toutefois précisé Louis Gallois. Le premier exemplaire devrait donc être livré à Singapore Airlines en octobre 2007. Cette cérémonie tout à la gloire du plus gros avion civil du monde devrait aussi lui redonner un élan commercial. Car aucune commande d'A380 n'a été enregistrée cette année, sur un marché estimé par Airbus à 1 600 appareils dans les vingt ans à venir.

H. M.

Quinze compagnies clientes ont pour l'instant passé 149 commandes fermes pour l'A380, auxquelles s'ajoutent dix-sept intentions d'achat.