A Loubersan, Noël est dans tous les becs

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Avec une vue panoramique sur les Pyrénées, 2 100 dindes gloussent à l'unisson. Depuis six mois qu'elles arpentent les coteaux du Gers en toute quiétude, les volailles de luxe s'épanouissent sur les terres de la ferme de Mathiou à Loubersan. Nourries de blé à volonté, de maïs, cultivés sur soixante hectares du domaine, plus du soja et des compléments minéraux, elles arborent un plumage chatoyant, signe de leur vitalité. « C'est un oiseau sauvage qui ne supporte pas d'être enfermé. Elles s'abritent à leur gré », explique Elie, l'éleveur.

Plus haut, 2 000 gros chapons rouges se la jouent façon coq, oubliant qu'ils en ont perdu les attributs à leur arrivée. Petites intox entre mâles, parades, plumes rousses émoustillées... jusqu'à l'heure du chargement dans les cages de transport. L'opération d'attrapage tourne au match de rugby. Les fermiers ont parfois recours au placage pour stopper les vigoureux bestiaux embarqués, ce soir, pour les abattoirs d'Avigers.

Plus sages, dans le parc supérieur, leurs petits cousins, 2 000 mini chapons, sont déjà rentrés tout seuls ! Bien que protégés des prédateurs, renards et fouines, par des clôtures électriques, ces gros « poulets » préfèrent rejoindre leur abri la nuit. Dans le bâtiment principal, durant les douze jours de la phase de gavage, les 400 canards mulards ingurgitent 400 g de maïs cuit deux fois par jour.

Lorsqu'ils seront prêts, ils finiront par lots sur la chaîne d'abattage puis dans la salle d'éviscération où ils seront découpés. Les carcasses partiront chez un transformateur, les foies gras chez La comtesse du Barry et les plumes chez un revendeur toulousain à destination des couettes et oreillers.

A.-M. Bourguignon