Guillamon marche à l'ombre

Nicolas Stival

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Le pilier a disputé contre Oyonnax son 3e match de Top 14 en 2013-2014.
Le pilier a disputé contre Oyonnax son 3e match de Top 14 en 2013-2014. — F. Lancelot/Sipa

Après trois mois sans Top 14, à cause d'une fracture de la main droite puis des choix des entraîneurs, Antoine Guillamon (22 ans) a joué une demi-heure, samedi contre Oyonnax (14-3). Un retour dans l'anonymat, qui contraste avec le battage autour de l'arrivée du pilier droit à Toulouse, à l'été 2012. Après un bras de fer avec Lyon, Guillamon, étiqueté grand espoir français, avait quitté son club formateur. Un transfert moyennant 200 000 €, du jamais vu, ou presque, dans le rugby français. «Je suis arrivé auréolé de tout ce qu'on disait de moi, souligne le colosse (1, 94 m, 145 kg), convoqué (sans jouer) pour la tournée argentine des Bleus, en juin 2012. Il s'est avéré que j'étais un jeune homme en formation, pas encore fini. Je partais ultra-confiant. Je n'ai pas mis tous les ingrédients nécessaires, notamment dans la préparation physique. Finalement, je fais une saison de merde.»

«On chute de très haut»


Difficile de qualifier autrement un exercice marqué par à peine six apparitions en équipe première, dont une seule titularisation. «On chute de très haut, reconnaît le pilier. Les premières impressions que les coachs ont de toi, ce sont de mauvaises performances. Forcément, ils sont un peu frileux au moment de te faire rejouer. J'ai pris de sacrées tartes dans la gueule, mais ça m'a fait grandir.» Avant sa blessure, Guillamon avait démarré 2013-2014 sous de bons auspices. «Avec les entraîneurs, on a mis des choses simples en place. Je n'étais peut-être pas assez guerrier. J'essaie de mettre un peu plus d'agressivité, d'envie. J'étais bien parti.» A un poste à maturité tardive, souvent occupé par des étrangers en Top 14, tous les espoirs restent permis, en club comme en Bleu, pour le papa de Louis, 11 mois. «Mon deuxième enfant va arriver fin avril-début mai», sourit Guillamon. D'ici là, l'ex-Lyonnais, sous contrat jusqu'en 2017, aura peut-être retrouvé la lumière.

■ Fin de saison pour Grégory Lamboley

Lundi, Grégory Lamboley évoquait une indisponibilité d'au moins trois semaines. Finalement, les examens passés par le deuxième ou troisième ligne toulousain ont révélé une rupture des ligaments croisés du genou droit, synonyme de saison terminée. Blessé samedi contre Oyonnax (14-3), l'international (31 ans, 14 sélections) a participé à 13 des 14 matchs joués jusqu'à présent par le Stade en 2013-2014, en Top 14 et Coupe d'Europe.