On peut se payer son bout de canal

Béatrice Colin

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Au total, un quart des 42 000 platanes sont touchés par le chancre coloré.
Au total, un quart des 42 000 platanes sont touchés par le chancre coloré. — F. Scheiber/20 Minutes/Archive

«Le canal du Midi, c'est toute ma vie de Toulousaine.» Muriel, une habitante du quartier Lespinet, a laissé ce message en août sur le site replantonslecanaldumidi.fr et mis 60 € au pot. Comme elle, ils sont près de 80, d'Allemagne, de Chine et d'un peu partout en France à raconter en ligne leurs «souvenirs impérissables» de balades sur les berges façonnées par Pierre-Paul Riquet, à l'ombre des fameux platanes. Et c'est pour sauver ces arbres menacés depuis 2006 par le chancre coloré qu'ils ont répondu à l'appel au don lancé en juillet par Voies navigables de France (VNF).

Nouvelle campagne


Ce mercredi, le gestionnaire du site classé au patrimoine mondial de l'Unesco a lancé une nouvelle campagne pour sensibiliser le grand public et l'inviter à faire un geste. Car, si l'Etat, VNF et les collectivités locales se sont engagés à payer les deux tiers des 200 millions d'euros nécessaires pour abattre des 10 600 platanes contaminés par le champignon entre Castelnaudary et la mer, il faut trouver d'autres financements. A la fin de l'année, au total, 6 800 auront été abattus et un millier replantés. En 2014, l'objectif est d'en arracher 4 000 et d'en remettre en terre 2 250. «Le but est d'atteindre 30 millions d'euros sur 15 ans grâce aux dons. Pour y parvenir, nous lançons aussi en décembre un club des entreprises mécènes pour lequel une dizaine de sociétés se sont déjà engagées», indique Jacques Noisette, de la direction régionale de VNF. Pour lui, les premières retombées sont déjà là. «Les gens donnent en moyenne aux alentours de 50 €. Mais nous ne sommes pas que dans une logique financière, cela leur permet de montrer leur attachement au canal», poursuit ce responsable.