Les trottoirs de la colère

Hélène Ménal

— 

Des scènes qui gênent les riverains ;
Des scènes qui gênent les riverains ; — Bordas/SIPA

Du temps où il n'y avait qu'une friche industrielle aux Ponts Jumeaux, la prostitution était déjà là. Mais les «filles» vivaient cachées. Maintenant que 1 200 habitants ont débarqué dans ce nouveau quartier, que des immeubles flambant neufs ont remplacé les terrains vagues, leur présence pose problème.

Leviers limités


«Il peut y en avoir une vingtaine dans la même rue. Et des mères de familles sont obligées de fermer les volets parce que cela se produit sur leur pas-de-porte, sur les capots des voitures», raconte Claude Marquié, le vice-président du comité de quartier. Il fait partie de la délégation venue chercher lundi soir en préfecture «un appui» dans ce dossier délicat. Il était accompagné de Serge Baggi, le président du Comité de quartier des Minimes, dont les 550 adhérents, commencent eux aussi à faire remonter leur malaise. «On adore qu'on dise que c'est le quartier de Nougaro, on apprécierait moins qu'il devienne célèbre pour ses prostituées», dit-il. Aux Minimes, certaines cabines téléphoniques font office de maison de passe, une pétition circule même pour fermer la nuit le parking d'un supermarché discount. Les deux associations martèlent qu'elles n'ont rien contre les prostituées elle-même qu'elles considèrent comme des «victimes». Elles prônent une action concertée entre l'Etat, la mairie et le procureur de la République. Mais la prostitution n'étant pas un délit, les leviers sont limités. Claude Marquié relève que certaines villes, comme Lyon, ont pris des arrêtés anti-prostitution dans certains secteurs. Serge Baggi se dit que la solution passe peut-être par un embellissement urbain. «Peut-être qu'un meilleur éclairage, ou une rénovation des avenues changerait les habitudes», suggère le riverain.

■ Patrouilles

Une table ronde a réuni polices nationale et municipale. Désormais, la première prend le relais de la seconde pour patrouiller après minuit dans les quartiers concernés.