Le lit, base de la conquête spatiale

Julie Rimbert

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Neuf équipes de scientifiques ont scruté l'expérience d'alitement.
Neuf équipes de scientifiques ont scruté l'expérience d'alitement. — F. Scheiber/20 Minutes

lls sont restés dans leur lit en permanence pendant 21 jours, la tête plus basse que les pieds, pour les besoins de la science. Douze volontaires, âgés de 21 à 45 ans, ont été soumis à différents tests pour simuler la vie en impesanteur (le terme préféré à « apesanteur » par les scientifiques) et mesurer les conséquences des missions spatiales sur l'organisme des astronautes. Cette expérience d'alitement a été reproduite trois fois, avec les mêmes candidats, à la Clinique spatiale (Medes) du CHU de Rangueil. Elle a été scrutée par pas moins de neuf équipes de scientifiques français, allemands, autrichiens et canadiens.

Douleurs et migraines


«Vivre dans l'espace n'est pas sans conséquence pour le corps humain car de nombreuses fonctions physiologiques sont perturbées», explique Marie-Pierre Bareille, la coordinatrice de cette étude. Cette expérience d'alitement a permis de recréer «un transfert liquidien vers la partie supérieure du corps, et de reproduire les modifications cardio-vasculaires, musculaires, osseuses et métaboliques observées en impesanteur». Deux moyens pour contrer ces effets ont été testés durant l'alitement. D'abord, un exercice des membres inférieurs en résistance réalisé sur une plateforme vibrante, un genre d'appareil de gym en beaucoup plus perfectionné. Ensuite, le même programme d'exercices physiques a été associé à une modification des menus quotidiens des «quasi-astronautes ». Ils ont eu droit à un bonus de protéines et de bicarbonate de potassium. Un protocole lourd, qui a marqué les volontaires de ce programme. «C'était difficile de s'adapter les premiers jours, à cause des douleurs au dos et des migraines liées à l'alitement», raconte Marc Marenco, un pharmacien de 41 ans, qui avait «envie de se dépasser et de vivre des choses inhabituelles». Pour ce père de famille, le plus dur a été d'être séparé de ses proches avec qui il ne pouvait communiquer que par Internet. Le volontaire a pris ce repos forcé comme «une retraite». Il en a profité pour «se retrouver» et se mettre à la méditation.

■ Lutte contre l'obésité

Les résultats de l'étude, connus dans quelques mois, permettront d'améliorer l'alimentation des astronautes mais aussi de lutter contre l'obésité, les effets de la sédentarité ou le diabète.