Cacophonie en rythmes

Béatrice Colin

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Près de 300 professeurs ont manifesté mercredi après-midi.
Près de 300 professeurs ont manifesté mercredi après-midi. — F. Scheiber/20 Minutes

«C'est Peillon qui réforme, mais c'est nous qui payons.» Ce slogan, 300 professeurs des écoles l'ont entonné mercredi dans les rues de la Ville rose. Plus d'un mois après la rentrée, la semaine de 4 jours et demi, appliquée dans 73 % des écoles de Haute-Garonne, continue à faire des mécontents. «Nous ne voulons pas revenir en arrière, nous demandons plus de souplesse. Pour les enfants c'est un quart d'heure de plus au centre de loisirs, mais pour nous c'est moins de temps de concertation en équipe», déplore Patrice Soulié du SNUipp. Et pour lui, les profs ne sont les seuls à trinquer. «Cela coûte 790 € par élève, quelle commune dans le rural peut débourser cette somme ? Et ce n'est pas les 50 € que leur donne l'Etat qui va les aider», poursuit l'instit.

Des villes et des champs


Des villages n'ont d'ailleurs rien mis en place. «Les enfants finissent à 15 h 45 et après c'est de la garderie, dans des locaux inadaptés. Les dotations ne suffisent pas pour payer des animateurs, il y a un décalage énorme entre les zones urbaines comme Toulouse et les villages. Les petites écoles ne pourront pas tenir face à de plus gros établissements qui proposent des activités ou un centre de loisirs le mercredi après-midi», témoigne Marie-Laure, maman d'une élève scolarisée dans le Lauragais. Elle a vu plusieurs enfants quitter son école pour Villefranche-de-Lauragais. «Pour nous, c'est un projet politique, même si cela a un coût financier de 100 000 €. Nous avons révisé l'affectation des locaux et nous travaillons avec les parents, les associations sur le contenu qui peut être simplement des temps de lecture ou de l'origami», témoigne Jacques Oberti, le maire PS d'Ayguesvives. Si Hélène Rouch, la présidente départementale de la Fédération de parents d'élèves, se félicite du passage à quatre jours et demi, elle ne nie pas ces disparités. «Même à Toulouse, dans des écoles remplies à bloc, il n'y a plus de salles communes et donc plus de places pour le périscolaire», reconnaît cette mère de famille.

■ Un comité de suivi a eu lieu mercredi

Un groupe de suivi de la mise en place des nouveaux rythmes a eu lieu ce mercredi. «Nous avons pointé les points de vigilance, comme le contenu des activités ou la fatigabilité, mais aussi les avantages comme celui d'avoir davantage de régularité», relate Michel-Jean Floc'h, l'inspecteur d'académie. La FCPE et l'Association des maires de Haute-Garonne ont demandé en 2014 la prolongation des aides de l'Etat et de la CAF aux communes.