Pataquès à l'examen d'avocat

Hélène Ménal
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Les aspirants avocats sont au bord de la crise de nerfs. Le 5 octobre, ils vont tous devoir repasser l'une des trois épreuves à l'examen d'entrée pour cause de polémique sur les pauses pipi. Ces dernières sont en effet formellement interdites par le règlement, y compris lorsqu'il faut plancher pendant cinq heures. Une disposition anti-tricherie classique qui a fait souffler cette année un vent de fronde dans l'amphi où étaient organisés les écrits entre mardi et jeudi derniers.



Surveillant sous pression



Le sujet a suscité des prises de bec, des supplications et même le malaise d'une candidate. Du coup, lors de la deuxième épreuve, un surveillant mis sous pression a autorisé plusieurs candidats à quitter la salle. «Il n'a pas respecté le règlement de l'examen, l'épreuve a donc été entachée d'irrégularité», explique Bruno Sire, le président de l'université Toulouse-I-Capitole. Il rappelle que la décision d'annuler l'épreuve a été prise par «le jury de l'examen composé pour moitié d'universitaires et pour l'autre de représentants du barreau».

Mais les apprentis robes noires contestent cette disposition. Dans un communiqué, envoyé samedi, ils plaident pour l'équité et notamment pour ceux qui ont réussi à se concentrer malgré les péripéties et les vessies gonflées à bloc. Ils demandent à ce que les deux épreuves soient corrigées, celle annulée et celle du 5 octobre, et que seule la meilleure des deux notes soit retenue. Le courrier est signé par des «étudiants anonymes ayant peur des représailles […], et qui se sont tous payé une prépa privée à 5 000 €». Mais Bruno Sire reste de marbre. «Le jury est souverain», dit-il. Seule la deuxième note comptera.

■ De meilleures conditions pour plancher

Les candidats à l'entrée à l'école d'avocats de Toulouse pointent aussi des conditions d'examen «pas optimum». Ils ont passé leurs épreuves serrés comme des sardines (à 600 selon eux, un peu plus de 400 selon l'université) dans l'Amphi Despax de l'UT1. Du coup, l'épreuve du 5 octobre sera organisée dans trois amphis différents et «un samedi après-midi pour ne pas gêner ceux qui auraient des engagements professionnels».