Patriarche : l'échelle des responsabilités

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Ils ont tous profité de millions en liquide, fruits du travail bénévole des toxicomanes en détresse pris dans les filets du Patriarche. Mais hier, dans ses réquisitions, le procureur a réparti les dix-sept prévenus en fonction de leur rôle hiérarchique dans cette gigantesque escroquerie. Le magistrat a demandé cinq ans de prison ferme, soit le maximum prévu par le code pénal, pour Lucien Engelmajer, le fondateur et gourou de l'organisation. Même tarif pour l'ex-élu RPR Jean-Paul Séguéla, « l'homme de pouvoir » qui profitait du système pour rénover ses maisons et s'acheter des BMW.

Dans le deuxième « groupe » pour lequel quatre ans ferme ont été requis figurent notamment les « cadres » de l'organisation : Jean-Yves Le Garrec, qui passait les frontières avec l'argent liquide et s'est repenti à la barre, ou encore « l'homme de confiance » Thierry Bourdonnais et François Engelmajer, « le Dauphin ». Il est le seul enfant Engelmajer à avoir pris, semble-t-il, une part active. Trois ans de prison ferme ont été requis à l'encontre de cinq de ses frères et soeurs. Ces derniers ont bénéficié des largesses du père et « ne pouvaient pas », selon le procureur, « ignorer l'origine de l'argent ». Les plaidoiries de la défense se poursuivent aujourd'hui.

H. M.

Le procureur a aussi demandé des amendes allant de 375 000 e pour Lucien Engelmajer à 50 000 e pour cinq de ses enfants.