Sous-traitance : l'union à marche forcée

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Les réactions n'ont pas manqué, hier, après la confirmation par Airbus du passage de 3 000 à 500 fournisseurs. Pour la direction de l'avionneur, cette partie du plan de redressement consiste avant tout à limiter son nombre d'interlocuteurs. « Pour un train d'atterrissage, nous avons plusieurs contrats individuels : nous voulons n'en avoir plus qu'un », explique une porte-parole d'Airbus.

Aux entreprises de s'adapter et faire des efforts pour parvenir à entrer dans ce cadre-là. C'est bien ce qui inquiète la CGT depuis le début. « Cette réduction de 80 % du nombre de sous-traitants va toucher les entreprises qui n'ont pas d'assise mondiale et qui comptent moins de 150 salariés », souligne le syndicat, qui craint de fait la délocalisation de la sous-traitance. Un point de vue sur lequel il rejoint les représentants patronaux des petites entreprises du département. « La compétition est inégale entre les PME de la zone euro et celles de la zone dollar, situées dans les pays où le coût de la main-d'oeuvre est de surcroît inférieur. Le risque est donc important de voir tout un pan de l'économie locale et régionale souffrir à court terme », déplore la CGPME de la Haute-Garonne, pour qui le regroupement d'entreprises demandé par Airbus ne peut « se faire du jour au lendemain ». Pour les industriels, cela reste néanmoins un passage obligé. « Le bon exemple est celui d'Héli Maintenance, à Montauban. Treize entreprises se sont regroupées et ont obtenu le marché de la maintenance des hélicoptères de l'armée. Elles n'ont pas fusionné, ni perdu leur identité. A nous d'être malins pour que cela profite à nos entreprises », insiste Jean Luminet, président de l'Union des industries de Midi-Pyrénées et de Goodrich Aerospace Europe, équipementier. « Il ne s'agit pas de supprimer, mais de s'adapter », précise François Junca, président départemental du Medef et du directoire de Latécoère.

B. C.

Martin Malvy, président (PS) de la région, a renouvelé sa demande d'entretien avec le Premier ministre afin d'évoquer la mise en place de solutions pour les entreprises touchées.