Sarousse obligée de changer d'altitude

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Elle était suivie à la trace, jour et nuit, depuis presque un mois. L'ourse Sarousse a été capturée hier, entre deux et trois heures du matin, avant d'être relâchée en fin de matinée sur la commune de Marignac (Haute-Garonne). Son nouveau territoire offre un couvert forestier à mille mètres d'altitude. Soit cinq cents de plus que le secteur ariégeois du nord de Saint-Girons où elle s'obstinait à « camper », assez près des habitations, en se gavant de glands et de châtaignes. Ce « déplacement », décidé par le ministère de l'Ecologie, est l'épilogue d'un mois harassant pour les techniciens de l'équipe ours.

« Sarousse s'est débarrassée de son collier GPS le 10 septembre. Le signal de la cellule électronique implantée dans son abdomen étant moins puissant, nous devions la suivre à pied. A distance évidemment », raconte Frédéric Decaluwé, qui a participé à la filature. « Techniquement, la capture s'est bien déroulée », assure-t-il. Sarousse a fini par mettre la patte dans un des nombreux pièges à lacets disséminés à son intention. Rapidement anesthésiée, elle était endormie « en moins d'un quart d'heure ». Désormais, l'ourse facétieuse est équipée d'un nouveau collier. Impossible de savoir pour l'instant si elle est gravide. En effet, si la fécondation a eu lieu au printemps, le développement embryonnaire ne débutera qu'à la fin de l'automne. En attendant d'éventuels oursons, l'équipe ours va mettre l'hiver à profit pour repérer les tanières et analyser en profondeur les données informatiques recueillies jusque-là.

H. Ménal

Les ours des Pyrénées devraient entrer en hibernation entre la fin du mois et début décembre, en fonction de la température. Ils ne se nourriront pas mais sortiront de temps en temps de leurs tanières pour prendre le soleil.