Toulouse

Les femmes battues ne se condamnent plus au silence

Le 27 octobre, un Toulousain écopait de trois ans de prison pour avoir violenté sa femme. Un cas loin d'être isolé. « Une femme sur dix a déjà été victime de violence conjugale », déplore Tien Lalloz, présidente de Stop à la violence intrafamiliale (...

Le 27 octobre, un Toulousain écopait de trois ans de prison pour avoir violenté sa femme. Un cas loin d'être isolé. « Une femme sur dix a déjà été victime de violence conjugale », déplore Tien Lalloz, présidente de Stop à la violence intrafamiliale (Savif). Une situation confirmée par le rapport 2006 de l'Observatoire national de la délinquance, publié début octobre. « Le nombre de femmes battues n'augmente pas réellement à Toulouse. Elles sont juste plus nombreuses à dénoncer leur situation et à porter plainte. Les campagnes de prévention portent leurs fruits », tempère Tien Lalloz. Les chiffres de la police nationale confirment cette tendance. Les commissariats toulousains ont ainsi enregistré 518 plaintes entre le 1er janvier et le 31 octobre, contre 401 l'an passé.

La Savif aide ces femmes à briser le silence. Ses équipes suivent en moyenne 900 personnes par an, que ce soit en entretien direct, téléphonique ou par mail. Elles leur proposent un lieu de soutien pour entreprendre les procédures judiciaires ou médicales et les accompagner dans leurs demandes de logement. Une démarche complémentaire à celle du service d'aide aux victimes, d'information et de médiation (Savim), qui prend en charge les victimes dès l'enregistrement de leur plainte, dans une des treize permanences installées au sein des commissariats toulousains.

J. Rimbert

Savif : 05 61 25 16 13

Savim : 05 62 30 09 82

Le rapport 2006 de l'Observatoire national de la délinquance recense 162 cas de violences mortelles contre des femmes au sein du couple en 2004 (180 en 2003), soit plus de 13 cas par mois. Quant aux violences non mortelles, en 2004 (34 848 cas), elles ont augmenté de 13,6 % par rapport à 2002.