Sans-papiers : des parrains parapluie

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Filleuls et parrains ne s'étaient jamais rencontrés avant cette cérémonie, volontairement « formelle », devant le buste de Marianne. Mais samedi, dans la salle des mariages de la mairie de Ramonville, ils ont officiellement signé pour faire un bout de chemin ensemble. D'un côté des enfants scolarisés et leurs familles sans papiers, jusque-là « isolées et perdues ». De l'autre, des élus, mais aussi de simples citoyens, instituteurs, militants associatifs ou retraités.

« Des gens qui s'engagent tout simplement », souligne Pierre Cohen, le maire (PS) de Ramonville qui, portant haut l'écharpe tricolore et aidé de son conseil municipal, a célébré vingt-six « baptêmes républicains » dans l'après-midi. « Je veux rompre le mur du silence et me battre contre une politique nocive », a déclaré le parrain d'une lycéenne africaine. En signant, il s'est engagé à l'aider dans ses démarches administratives et à empêcher l'expulsion de sa famille. « Je le fais en tant qu'institutrice, car je ne conçois pas qu'on puisse priver des enfants d'école », a expliqué à son tour la marraine de la petite Roda, 5 ans. Toujours organisée par le réseau Education sans frontières, une cérémonie identique a eu lieu en même temps à Colomiers pour vingt-huit autres familles.

Hélène Ménal

119 des 514 familles sans papiers de Haute-Garonne qui ont déposé un dossier au titre de la circulaire Sarkozy du 13 juin 2006 ont été régularisées.