Il commence à ramer...

Hélène Ménal

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Le métro est géré depuis le poste de commandement de Basso-Cambo.
Le métro est géré depuis le poste de commandement de Basso-Cambo. — F. Scheiber/20 Minutes

Wafa n'imagine pas la Ville rose sans métro. En véritable inconditionnelle, cette Parisienne arrivée il y a six ans l'emprunte tous les jours. «Je vais de Saint-Cyprien à Basso-Cambo et s'il n'était pas là je crois que je prendrais ma voiture», dit-elle. Il y a pile vingt ans que, sur son trajet, le Val automatique a remplacé le tortueux bus 148 à soufflets. Et, à écouter Nadia, une Bulgare de 25 ans, le métro n'a pas pris une ride depuis. «Celui de Sofia a été inauguré il y a un an à peine et il est beaucoup plus moche. On a toujours l'impression que quelqu'un va tomber sur la voie, alors qu'ici les quais sont fermés», note-t-elle. En deux décennies, et avec l'arrivée de la ligne B en 2007, la «croix du métro» est devenue la «colonne vertébrale» des transports en commun. Elle enregistre les trois-quarts des validations du réseau Tisséo et transporte plus de 100 millions de voyageurs par an.

Quais trop courts


Mais, c'est la rançon de la gloire, elle est aussi à la limite de la saturation : sur la ligne A, aux heures de pointes, il y a une rame toutes les minutes. «Etant donné le temps de demi-tour des rames, c'est le minimum possible», explique Olivier Poitrenaud, le directeur général de Tisséo. Il y a bien une autre solution. Celle de lancer à chaque trajet un convoi de 52 mètres au lieu de 26 actuellement. Le hic, c'est que sur les 37 stations du réseau, il y en a quatre (Basso-Cambo, Mermoz, Fontaine-Lestang et Patte-d'oie) dont les quais sont trop courts. Pour les rallonger, et donc doubler la capacité du métro toulousain, il faut investir 200 millions d'euros. «Si ces travaux avaient été faits au départ, il y a vingt ans, ils auraient coûté 15 millions d'euros», rappelle Pierre Cohen, le président de Tisséo et maire de Toulouse. Adepte du «maillage», il a repoussé ce chantier pour financer de nouvelles lignes tramway. La mise a 52 mètres du métro est annoncée «à l'horizon 2020».

■ Le prolongement de la ligne B est en vue

La prochaine révolution dans le métro est annoncée pour 2019, date prévue pour la mise en service du prolongement de la ligne B vers Labège. C'est la seule extension envisagée dans la décennie. «Si une partie de l'agglomération se densifie énormément, peut-être qu'il faudra un jour rajouter une ligne ou une extension, dit le maire, mais pour moi le vrai défi c'est le tram-train», sur les infrastructures ferroviaires gérées par la Région donc.