Jauzion vers une retraite active

Nicolas Stival

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Le Tarnais a passé onze saisons à Toulouse (ici contre Trévise, en janvier).
Le Tarnais a passé onze saisons à Toulouse (ici contre Trévise, en janvier). — FRED SCHEIBER / 20 MINUTES

Une conférence de presse d'une demi-heure suivie d'un gueuleton, dans un salon d'Ernest-Wallon. Fidèle à son image, Yannick Jauzion (35 ans le 28 juillet) a refermé mercredi en toute simplicité et convivialité le livre d'une carrière exceptionnelle, démarrée à Graulhet, poursuivie à Colomiers puis, dès 2002, au Stade Toulousain. «Cela devient de plus en plus dur de se préparer et de se maintenir au haut niveau, avoue l'ancien international aux 73 sélections, avec trois Tournois des VI Nations, deux Grands Chelems et deux demi-finales de Coupes du monde à la clé. Je peux être performant sur une période de la saison mais pas sur la totalité, comme avant. Le club avait aussi envie de tourner la page et de passer à une autre génération. Je me suis posé la question de continuer ailleurs, mais il était plus sage de m'arrêter sur une bonne saison.»

Considéré comme le meilleur centre du monde au milieu des années 2000, aussi puissant que fin technicien – «j'aurais parfois aimé être plus rapide», confesse-t-il –, le Tarnais aurait pu rebondir en Top 14 ou en Pro D2. Des pistes menant à Lyon et Colomiers ont été évoquées.

Banque, agriculture et ginseng


Mais le triple champion de France, trois fois vainqueur de la Coupe d'Europe, a décidé de tourner la page, «de passer du temps avec Barbara [sa femme], qui m'a beaucoup attendu pendant plus de dix ans, et avec mes enfants». Et maintenant ? «J'ai plusieurs opportunités de reconversion, cela devrait se concrétiser à la rentrée : j'ai toujours gardé des liens à la Société générale, mais aussi avec le milieu agricole», explique cet ingénieur agronome, fils d'éleveurs de brebis, qui a donné son nom à des vins de Gaillac. Plus étonnant, Jauzion s'impliquera dans une filière de ginseng, cette racine chinoise à la fois légume et plante médicinale. «C'est un projet avec un partenaire du Stade Toulousain, pour implanter une culture de ginseng sous ombrière photovoltaïque, détaille-t-il. Mais ce ne sera pas mon activité principale.»

■ Futur entraîneur ?

Yannick Jauzion se voit bien encadrer de jeunes joueurs. «Je pense le faire si j'ai un peu de temps par rapport à ma reconversion, explique-t-il. J'ai des choses à communiquer.»