La corrida dedans et dehors

Hélène Ménal

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Certains des jeunes toros qui combattront dimanche sont déjà arrivés.
Certains des jeunes toros qui combattront dimanche sont déjà arrivés. — DR

A chacun son rendez-vous. Les arènes et les bodegas en plein champs pour les aficionados ou les festayres, le parvis de la mairie dimanche, à 14 h, pour les infatigables opposants. A Rieumes, 3  400 habitants, cela fait quinze ans que les deux parties se regardent en chiens de faïence au début de l'été et s'affrontent devant les tribunaux le reste de l'année. «Il y a eu quinze recours en tout que nous avons gagné. Ce sont les anti-corrida qui nous ont aidés à nous faire un nom», savoure Yves Samyn, le président de Feria*.

Et Toulouse ?


La victoire du lobby taurin est totale. la corrida est entrée au patrimoine immatériel de la France. Le Conseil constitutionnel a porté l'estocade l'an dernier en jugeant qu'elle n'était pas contraire à la Constitution. Mais il en faut plus pour bâillonner l'Association rieumoise pour l'abolition de la corrida (ARAC). En plus d'espérer que le printemps pourri va se prolonger jusqu'au week-end, ses militants ont décidé de porter le débat sur le terrain de la morale publique (lire encadré) et de frapper au porte-monnaie. «Nous allons demander l'arrêt de subventions publiques à la feria et nous interviendrons dans les municipales», prévient Magali Carel, la porte-parole de l'Arac, dont les troupes seront soutenues dimanche par des élus d'Europe Ecologie-Les Verts. Une menace qui n'effraie pas Yves Samyn. «Les subventions représentent 2 % de notre budget de 200 000 €, dit-il. Et puis nous sommes une association comme les autres qui anime le village en faisant venir 10 000 visiteurs en un week-end». Entre la longévité de la Feria de Rieumes et l'évolution de la jurisprudence, l'aficionado ne serait pas surpris que la corrida pousse à nouveau sa corne dans l'agglomération toulousaine. «Le climat est apaisé et il y aura forcément un maire de la première couronne intéressé. Nous aiderons au maximum s'il y a une ouverture qui se fait», assure-t-il.

■ Sous les yeux des enfants

Les anti-corrida considèrent qu'il y a des spectacles que des enfants ne devraient pas voir et demandent l'interdiction des arènes pour les moins de 16 ans. «A Rieumes, un torero a été encorné il y a deux ans», rappelle la porte-parole de l'Arac. Pourtant, l'entrée est gratuite pour les moins de 14 ans et le restera. «C'est aux parents de décider ce qui est bien ou pas pour leurs enfants», estiment les organisateurs.