Le tourisme en mode alternatif

Hélène Ménal

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KARINE LHEMON

Lucile raffole du cassoulet et de la cuisine du Sud-Ouest en général. Thu Ha, elle, a ses entrées dans la communauté asiatique. Mais elle a tellement la Ville rose dans la peau qu'elle arrive à marier ses intonations vietnamiennes avec un accent toulousain à couper au couteau. Quant à Roland, qui vit ici depuis soixante-huit ans, il est incollable sur les bateaux-lavoirs.

Du japonais au serbo-croate


A priori, rien ne destinait ces Toulousains d'adoption ou de souche à être connectés au même réseau. C'est pourtant le cas, puisqu'ils font partie de la galaxie des greeters*, ces habitants bénévoles recrutés par l'office de tourisme pour guider les visiteurs hors des sentiers battus. «L'idée pour ces volontaires, c'est de montrer la ville telle qu'ils la vivent, de montrer son âme», explique Hélène Kemplaire, directrice adjointe de l'office, plutôt heureuse de son bataillon de guides alternatifs dans les starting-blocks pour l'été.

La palette des âges, de 19 à 68 ans, et aussi large que l'éventail des langues pratiquées : du japonais au néerlandais en passant par le serbo-croate. Damien, 24 ans, se propose même d'accueillir les visiteurs en langue des signes. «J'amène un petit plus et une vraie accessibilité à un certain public», dit le jeune homme. Avec ses touristes, il écumera les jardins calmes et les berges. Pour les visiteuses-modeuses, il y a Rachel, qui connaît les fripes comme sa poche. Et si Thibault confesse un «espagnol rudimentaire», il est omnisports et tout terrain. Les greeters comptent aussi dans leurs rangs un passionné d'aéronautique, fan des vieux coucous. Ils sont trente en tout, comme trente facettes de Toulouse.