Un chantier bien en piste

Béatrice Colin

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Depuis le 3 juin, une noria de camions va et vient sur le tarmac blagnacais. Près de 200 personnes s'affairent sur le chantier de rénovation d'une des deux pistes de l'aéroport. Datant de 1938, cette voie de 3 026 m de long sur 45 m de large a été déformée au fil du temps. Elle doit être refaite à neuf «pour pouvoir résister au poids de roue de tous les types d'appareils», note Marc Huault, responsable des infrastructures à l'aéroport Toulouse-Blagnac, qui a investi 14 millions d'euros dans ce vaste projet.

250 mouvements par jour


En attendant la remise en service de la piste 1, le 1er août, les avions se posent et décollent uniquement sur la piste 2. Cette dernière sera à son tour fermée du 2 au 15 août pour la réfection d'un taxiway. Pour l'heure, aucune difficulté n'est venue émailler le ballet quotidien des avions. En moyenne, une trentaine de vols partent et arrivent chaque heure à Blagnac, soit près de 250 mouvements par jour. Lorsque les deux pistes sont en service, on peut atteindre les 300 mouvements, ce qui arrive très rarement, hormis lors des grandes vagues de départs en vacances. Les deux prochains week-ends vont ainsi être plus chargés et certains vols pourraient enregistrer un retard de 5 à 10 minutes aux heures de pointe, soit sur les créneaux 9 h - 11 h et 17 h - 19 h. «Au sol, pour des questions de sécurité, le temps de roulage des avions est plus long. A cause des travaux, les appareils ne peuvent en effet pas couper la piste pour rejoindre directement l'aérogare. Nous privilégions aussi les atterrissages aux décollages», relève Alain de la Meslière, directeur des opérations de l'aéroport. Ce dernier espère ne pas être confronté à une situation exceptionnelle qui pourrait vite devenir problématique sans piste de secours.

■ Le vieux bitume sera recyclé

En bout de piste, près du parking P6, une zone de 5,5 hectares a été créée pour accueillir les deux unités de production d'enrobé mais aussi les matériaux à stocker, notamment les 100 000 tonnes de cailloux et les 45 kilomètres de câbles nécessaires au chantier. C'est aussi là que sont entreposées les 40 000 tonnes de vieux bitume retirées de la piste 1. Elles seront recyclées plus tard et serviront à la construction de nouvelles routes.