GPV : les expropriés jugent l’indemnité insuffisante

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 Le torchon brûle entre la mairie de Toulouse et des propriétaires de Bellefontaine. A l’origine du différend : l’indemnisation proposée aux propriétaires de 244 logements dans deux immeubles, Maurois 2 et Concorde, voués à la destruction afin de permettre le passage d’une route dans le cadre du GPV (Grand projet de ville). « On nous propose 418 euros le m2 alors que dans le quartier, le prix moyen est fixé à 1 300 euros le m2 », s’insurge Charles Commenge, président de l’association Résidence Le
Concorde et Maurois. Nous ne sommes pas responsables de la ghettoïsation du quartier.
» Une situation qu’Antoine Groussous n’accepte pas non plus. « Le loyer de mon appartement couvre le crédit de ma maison, explique- t-il. Depuis 1995, je
loue cet appartement à des gens que même les HLM n’ont pas voulu, je me suis substitué aux pouvoirs publics. » Même son de cloche pour Yves Duffort, qui a
acheté un T3 et un T4 pour 13 720 euros en 1994. « Ils étaient inhabitables, j’ai tout refait à l’intérieur, confie ce retraité de l’éducation nationale. Les loyers de ces appartements vont àma fille qui gagne un petit salaire. » Au service des Domaines, on assure que le prix moyen d’indemnisation a été fixé selon les prix du marché en vigueur. L’administration fiscale reconnaît le bon état de certains logements,mais justifie la faible indemnisation par la dégradation extérieure de l’immeuble.

Philippe Font