Statu quo dans les quartiers toulousains

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Un an après les émeutes de novembre 2005, associations, habitants et même policiers sont d'accord pour reconnaître que rien n'a vraiment changé dans les quartiers sensibles de Toulouse. Dans les rues de La Reynerie, une majorité d'habitants estiment même que la vie est plus dure. « Il y a toujours des voitures qui brûlent et les policiers ne peuvent plus rentrer dans certains immeubles, dénonce une mère de famille de 48 ans. Il faudrait raser ces grands immeubles et en construire des petits. » C'est justement ce que prévoit le Grand projet de ville (GPV), installé en 2002 et dont l'objectif est de réhabiliter des milliers de logements sur les quartiers du Mirail et Empalot. « On ne peut pas tout changer en un an, il faut au moins dix ans pour transformer un quartier », reconnaît Françoise de Veyrinas, première adjointe au maire, en charge du dossier. Rendez-vous est donc donné en... 2012.

En attendant, la vie continue tant bien que mal dans les quartiers. « La tension est présente toute l'année, des voitures brûlent tous les week-ends et tout le monde subit », regrette un membre de l'association Karavan à Empalot. « On constate depuis plusieurs mois une tension de plus en plus accrue entre les groupes de jeunes et les policiers, note de son côté Moussa, membre de l'association TO7, implantée à La Reynerie. Ici, les gens sont confrontés à des problèmes concrets – absence de mixité sociale à l'école, difficulté d'accès à la formation ou à l'emploi –, mais qui ne sont pas pris en compte. Cela n'aide pas à créer un climat de confiance. » La dégradation de la situation n'a pas échappé à Didier Martinez, secrétaire régional adjoint de l'UNSA Police. « Depuis un an, la violence physique et verbale envers les policiers a augmenté à Toulouse. Les patrouilles enregistrent quatre ou cinq situations de guets-apens par mois », note le délégué syndical, pour qui la solution passe par un retour de la police de proximité. « Il est important de restaurer un dialogue avec les jeunes afin de refaire de la prévention. »

Philippe Font

Novembre 2005 : 298 véhicules brûlés, 93 interpellations, quatre écoles incendiées et tentatives d'incendie contre sept commerce ou bâtiments.