Loin des yeux, mais plus près du cœur

Béatrice Colin

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7 140 patients hospitalisés en région.
7 140 patients hospitalisés en région. — F. Scheiber/20 Minutes illustration

Des difficultés à respirer lors du moindre effort, mais aussi la nuit. C'est le cauchemar quotidien des insuffisants cardiaques. Chaque année, 7 140 d'entre eux sont hospitalisés en Midi-Pyrénées, dont près de 5 800 pour des crises aiguës pouvant aboutir à un décès. Pour limiter ces séjours en établissements de soins et améliorer leur confort de vie, un vaste projet d'étude vient d'être lancé en région appelé OSICAT*.

Dix-huit mois de suivi


En partenariat avec le CHU de Toulouse, la société Alere va suivre 435 patients volontaires à distance durant 18 mois. Chaque matin, au lever du lit, les malades devront se peser et répondre à une série de questions sur un boîtier. Les réponses seront analysées par des infirmières qui contacteront régulièrement les patients pour les former à l'éducation thérapeutique et, en cas d'anomalies, les inviter à consulter leur généraliste. «Après la première décompensation, nous savons qu'il y a 25 % de réhospitalisation dans les trois premiers mois et 50 % dans l'année qui suit. C'est à ce niveau qu'il faut agir, en améliorant le suivi», martèle le Pr Michel Galinier, chef du service de Cardiologie A à Rangueil. Ce dernier y voit aussi un intérêt économique pour la Sécurité sociale qu'il compte bien démontrer. L'hospitalisation dure en effet une dizaine de jours et «chaque hospitalisation évitée, c'est 3 000 à 4 000 € d'économisé par an», avance Julien Martel de la société Alere qui investit 2, 5 millions d'euros.

■ Centres

Les patients de 13 centres de Midi-Pyrénées peuvent être volontaires, dont trois sur Toulouse. L'étude OSICAT va durer deux ans et demi. Ce dispositif a déjà fait ses preuves en Allemagne et aux Etats-Unis.