Les Freescale pointent désormais au chômage

Hélène Ménal

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Les Freescale à Pôle Emploi.
Les Freescale à Pôle Emploi. — F. Scheiber/20 Minutes

Dans le jargon de Pôle emploi, il s'agit d'une «inscription groupée». Et elle ne va pas améliorer les statistiques. Neuf mois ont passé depuis la fermeture des ateliers de production de Freescale. Ceux qui n'ont pas trouvé de travail durant leur congé de reclassement pointent désormais au chômage. Cela concerne selon la CGT quelque 430 salariés sur les 821 licenciés. La direction du fabricant de semi-conducteurs évoque de son côté «389 salariés sans solution» et indique que la cellule de reclassement reste active.

Direction les Prud'hommes


Gérard s'est rendu mardi avec ses collègues au Pôle emploi de Bellefontaine. Après 39 ans de boîte, il a soigné son CV et même passé «5 ou 6 entretiens». Sans résultat. «A 58 ans, je ne me fais pas trop d'illusions. J'ai tendance à baisser les bras», dit-il. Préretraité par la force des choses, le voilà désormais investi dans la toute nouvelle association Après Freescale (lire encadré). «C'est un moyen de garder le contact, d'aider ceux qui sont en détresse», indique Gérard. Camille, lui, est d'un naturel optimiste. Il vient de finir une formation dans le domaine de la climatisation. «Je vais me mettre sérieusement à chercher et faire fonctionner mes réseaux», annonce-t-il.

Pour d'autres, la pilule reste très amère. «Nos machines fonctionnent à nouveau en Chine et nos produits trouvent toujours des clients. Nous sommes victimes d'une injustice, Freescale n'avait pas le droit de nous jeter comme ça», peste Eric Hirson, ex-délégué CGT du personnel. Il confirme qu'au moins une centaine d'ex-salariés s'apprête à contester les licenciements devant les Prud'hommes.

■ Solidarité

L'association Après Freescale tiendra des permanences mardi 4, jeudi 13 et jeudi 20 juin à la salle Cassin de Cugnaux. Elle accepte tous les dons.Contact : apresfreescale@gmail.fr