AZF : une association conteste le bilan des morts

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« Après des recoupements, nous arrivons à cent trois morts et non pas trente-et-un, comme le dit le bilan officiel. » Ce chiffre des victimes de l'explosion d'AZF a été établi par Stella Bisseuil, l'avocate de l'association de familles endeuillées. Il comptabilise les victimes « indirectes » de la catastrophe. « Infarctus, maladies nosocomiales, fausses couches, etc. J'ai moi-même défendu certains de ces dossiers et je sais de source sûre que la compagnie d'assurance de Total a indemnisé d'autres familles pour la perte d'un proche. D'ailleurs, personne ne dément mon chiffre », a souligné l'avocate vendredi, en marge d'un colloque sur AZF organisé par l'Institut national de veille sanitaire (InVS). « Tout le monde parle de transparence, mais les institutionnels ont mis un éteignoir sur le bilan », déplore Jean-François Grelier de l'association des sinistrés du 21 Septembre. « Un de nos voisins s'est suicidé dix jours après l'explosion. Et j'ai une amie qui a fait une fausse couche au lendemain de la catastrophe. Elle n'a pas osé se rendre à la convocation de la commission d'expertise qui apparaît comme un tribunal devant lequel il faut se justifier », poursuit l'habitant de la Cité du Parc. « La possibilité d'établir officiellement ce nouveau bilan existe, à condition de le vouloir vraiment », considère Stella Bisseuil. A l'approche du procès, elle estime que « tout ce qui alourdit le bilan, alourdit forcément la culpabilité ».

H. M.

« Aucune information supplémentaire ne permet d'alourdir le bilan des victimes », a précisé vendredi Gilles Brücker, directeur général de l'lnVS. Et d'ajouter : « Il est possible qu'il y ait des décès indirects, mais de manière ponctuelle et limitée. Et pour l'établir, nous avons besoin de témoignages et d'expertises. »