Marcher pour l'égalité

Rahima Ahamada

— 

Les sept militants vont parcourir 950 km pour se faire entendre.
Les sept militants vont parcourir 950 km pour se faire entendre. — F. Lancelot/20 Minutes

Parcourir 950 km pour interpeller le gouvernement et l'opinion publique sur la condition des personnes sourdes. C'est l'ambitieux challenge dans lequel se lanceront sept membres de l'association Opération de sauvegarde des sourds 2007 (OSS 2007) du 18 mai au 28 juin. Parmi eux, plusieurs Toulousains, qui relieront Paris à Milan, lieu tristement symbolique pour leur communauté. C'est là que s'est tenu en 1880 un congrès interdisant aux enfants sourds l'usage de leur langue.

Valoriser la langue des signes


Ode, conférencière en langue des signes française (LSF) à Toulouse, usera ses semelles dans l'aventure dont elle souligne l'importance : «Il est primordial de valoriser la langue des signes, à la fois auprès du public et du gouvernement. C'est par cette voie qu'un lien fort sera créé entre sourds et entendants.» En France, la route est encore longue vers la reconnaissance de la LSF comme langue officielle. «Il y a encore quelques années, on cantonnait les personnes sourdes aux tâches manuelles pour ne pas apprendre aux entendants à signer», déplore Patrick Belissen, président d'OSS 2007. Alors qu'outre-Atlantique, dès les années soixante-dix, les Etats-Unis leur consacraient des universités où tous les cours étaient traduits.

L'agglomération toulousaine fait néanmoins figure de pionnière dans ce domaine, puisqu'elle est la seule de l'Hexagone à proposer une scolarité en LSF de la maternelle à la terminale. Les écoles et le collège concernés sont situés à Ramonville et le lycée Bellevue prend le relai. Dans les universités toutefois, il reste encore beaucoup à faire, notamment pour la traduction des cours. «Il est très coûteux de faire venir un interprète et les budgets alloués ne sont pas assez importants pour que les choses évoluent», souligne un membre d'OSS 2007.

■ Politique

OSS 2007 espère obtenir du gouvernement l'inscription de la langue des signes dans la Constitution, au même titre que la langue française, et la création d'un observatoire des personnes sourdes. L'association demande également à l'Etat de présenter des excuses officielles pour réparer les erreurs commises après le Congrès de Milan qui a stigmatisé la communauté sourde en réduisant la surdité à un problème médical.