Un refuge contre l'homophobie

Béatrice colin

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Dans les locaux de l'association «Le Refuge» à Marseille en avril 2013.
Dans les locaux de l'association «Le Refuge» à Marseille en avril 2013. — P. MAGNIEN / 20 MINUTES

En plein débat sur le « mariage pour tous », il reconnaît que les clichés sur les homosexuels ont la vie dure. A 23 ans, Jordan * y a été confronté au sein de sa propre famille. Depuis cinq ans, il est en rupture avec ses parents à cause de sa préférence pour les garçons. Après des mois de galère, il est logé à l'hôtel depuis décembre par Le Refuge. Née il y a un an, l'antenne toulousaine de cette association accompagne les jeunes majeurs victimes d'homophobie.

Financement solidaire


Et lorsque cela s'avère nécessaire, elle prend en charge leur hébergement temporaire. «C'est la seule porte ouverte que j'ai trouvée», avoue Jordan. Il espère qu'elle ne se refermera pas à cause des problèmes financiers qui touchent actuellement la jeune structure. Celle-ci espère pouvoir disposer d'ici juin d'un véritable lieu d'accueil pour les jeunes qu'elle suit, comme il en existe déjà à Montpellier et à Marseille. La ville s'est engagée à mettre à sa disposition un appartement. «Mais l'immeuble a été squatté. D'ici deux mois, celui-ci devrait être disponible», assure l'adjoint au maire à la Diversité, Jean-Paul Makengo. En attendant, pour joindre les deux bouts, les bénévoles ont décidé de faire appel au mécénat du grand public. Ils ont mis en ligne lundi un projet de financement solidaire «Un toit contre l'homophobie» sur la plateforme de financement Ulule. «C'est important, car nous suivons des jeunes qui ont été menacés de mort au sein de leur propre famille. Si nous ne les logeons pas, cela peut s'apparenter à de la non-assistance à personne en danger, ils peuvent se retrouver à la rue», explique le président régional de l'association, Serge Perrody. Il espère récolter 3 000 € pour loger trois jeunes durant trois mois.