Un testing qui a du chien

H. M.

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Vic ne peut pas entrer partout.
Vic ne peut pas entrer partout. — F. Scheiber/20 Minutes

Dominique Latgé est non-voyante. Elle sort rarement sans Vic, son chien guide, le must «de la bienséance» canine. Mais pour cet «équipage», prendre un taxi ou séjourner en chambre d'hôte peut vite virer à la galère. «Certains taxis, à qui l'on ne signale pas qu'il y a un chien, repartent sans s'arrêter lorsqu'ils s'en aperçoivent», raconte-t-elle. La dernière fois que Dominique est partie en week-end avec des copines, elles ont dû séjourner très loin du site qu'elles avaient choisi de visiter, car la plupart des auberges refusaient Vic. «J'étais gênée pour mes amies, témoigne sa maîtresse. Ce genre d'expérience peut conduire à la désocialisation.»

Un refus d'accès par semaine


Et pourtant, théoriquement, la loi impose à tous les établissements accueillant du public d'accepter les chiens guides. La réalité est moins reluisante, selon l'enquête menée par la Fédération française des associations de chiens guides d'aveugles (FFAC). En tout, 119 maîtres de chiens guides, dont Dominique, ont testé incognito 1 044 lieux. Dans 15 % des cas, ils n'ont pas pu rentrer ou ont été obligés de parlementer, voire d'invoquer l'amende encourue (jusqu'à 450 €) «Ramené à la vie quotidienne d'un maître, cela veut dire qu'ils rencontrent au moins une difficulté par semaine», souligne Séverine Boiron, de l'association Chiens guides d'aveugles Toulouse grand sud. L'objectif de la FFAC est «zéro refus», y compris pour les éducateurs, voyants, des chiens et les familles d'accueil qui les dressent.