Prêcher le culte de la tolérance

Béatrice colin

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Imams et rabbins ont échangé lundi à l'Espace du judaïsme de Toulouse.
Imams et rabbins ont échangé lundi à l'Espace du judaïsme de Toulouse. — F. Scheiber/20 Minutes

Le symbole est fort. Dans une salle de l'Espace du judaïsme, lundi matin, des imams sont applaudis par l'assistance. Quelques heures plus tard, des membres de la communauté juive toulousaine pénétreront pour la première fois dans une mosquée de la Ville rose et partageront un repas avec quelques fidèles. Un an après les meurtres perpétrés par Mohamed Merah, ces échanges s'inscrivent dans le cadre d'une tournée en France de cinq imams israéliens, initiée en partie par l'imam Hassen Chalghoumi de la mosquée de Drancy (Seine-Saint-Denis). «Si on dialogue, il n'y a plus de préjugés», prêche ce dernier. «Ce sont des événements comme ceux-là qui peuvent faire avancer les choses, mais il faut que cela aille au-delà du symbole», plaide le rabbin de Toulouse, Harold Weill. «Il faut que ce message transperce dans les quartiers et arrive jusqu'aux jeunes», renchérit le directeur de l'école Gan-Rachi, le rabbin Joseph Matusof.

A la mosquée de Tabar


Certains l'ont déjà entendu. Comme Advil, de l'association sportive Avenir 31. «Avant, toutes les communautés vivaient ensemble, mais depuis dix ans il y a une montée de la haine de gens endoctrinés. Le conflit israélo-palestinien entre dans les foyers, alors qu'il n'a rien à y faire», regrette cet habitant de La Faourette qui avait organisé une rencontre entre des jeunes et l'imam de Drancy. S'il est apprécié pour son discours volontariste, Hassen Chalghoumi est aussi décrié par certains membres de la communauté musulmane. Il ne s'est d'ailleurs pas rendu à la visite de la mosquée du château de Tabar Al Salam, à la Reynerie. Contrairement aux imams israéliens et à la présidente du Conseil représentatif des institutions juives de France en Midi-Pyrénées. «C'est émouvant», a reconnu Nicole Yardeni, qui mettait pour la première fois les pieds dans une mosquée toulousaine. Elle a été accueillie par l'imam Saïd Meddaha. «Notre travail est de rapprocher les religions, les cultures, montrer que l'on peut vivre ensemble», a-t-il martelé.