L'Urssaf mène l'offensive contre le travail au noir

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Trois cents millions d'euros « échappent » tous les ans à l'Urssaf de Haute- Garonne, soit 5 % de ses recettes. L'organisme de recouvrement a donc décidé de muscler sa lutte contre le travail au noir. Il lance une campagne d'information et dispose désormais d'un service spécialisé où quatre inspecteurs « ciblent » les fraudeurs. « Nous avons mené deux cents actions répressives cette année, qui ont permis le recouvrement de 18 millions d'euros, contre 4 millions en 2005 », indique Jean Dokhelar, le sous-directeur départemental.

Quelque 30 % des dossiers sont ouverts sur « dénonciation » d'un salarié ou d'un concurrent. « Pour les autres, nous travaillons en réseau avec le fisc par exemple », souligne Jean-Claude Rey, le chef du service. Les principaux secteurs touchés restent « le bâtiment, l'hôtellerie-restauration et le gardiennage ». Mais les techniques de fraudes évoluent : « Souvent, les salariés sont effectivement déclarés, mais à mi-temps alors qu'ils travaillent douze heures par jour. » Ce phénomène s'amplifie avec l'arrivée de « réseaux d'Europe de l'Est » et le recours accru à la sous-traitance dans le bâtiment. Pour repérer les indélicats, les inspecteurs se fient notamment au ratio entre le chiffre d'affaires et la masse salariale. Il doit se situer entre 40 et 50 %. Une PME a été repérée récemment à Castanet. Avec un ratio « douteux » de 18 %, elle a dû payer 61 000 e d'arriérés.

H. M.

La fédération départementale du bâtiment vient de mettre en place « une carte d'identité du travailleur du bâtiment ». Editée « en toute neutralité » par les caisses de congés payés, elle permet aux maîtres d'ouvrage un contrôle des salariés sous-traités.