Pour l'accessibilité totale, la marche est encore haute

Hélène Ménal

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Il y a du pain sur la planche et pas seulement pour les boulangers. Alors qu'approche l'échéance du 1er janvier 2015, fixée par la Loi pour parvenir à l'accessibilité totale des lieux recevant du public, l'Association des Paralysés de France vient de sortir son classement sur ce thème en Haute-Garonne. Première surprise, sur les 33 communes sondées par l'association, onze (dont Cugnaux, Saint-Orens, Fronton ou Revel) n'ont même pas pris la peine de répondre. Heureusement, les autres sont pour la plupart en progrès dans ce baromètre qui fait la synthèse du volontarisme affiché par les mairies et du ressenti réel des personnes à mobilité réduite. «On sent que les municipalités bougent», reconnaît Evelyne Pilier, la directrice départementale de l'APF. Les villes les mieux notées ont pour point commun une commission d'accessibilité opérationnelle, où des élus et techniciens rencontrent régulièrement les associations d'usagers. «La nôtre se réunit toutes les six semaines. Quand un problème est signalé, nous transmettons immédiatement aux services techniques qui le règlent dans les meilleurs délais», explique Hélène Desmettre, adjointe à la Cohésion sociale de Tournefeuille, qui se hisse en tête du classement cette année.

Réunions boudées


Le tableau est plus noir dans la rubrique «cadre de vie». Si les centres commerciaux (avec leurs allées larges étudiées pour les chariots à provisions) et les bureaux de poste tirent leur épingle du jeu, les commerces de proximité accusent un sérieux retard. «Les réunions d'information ne sont pas fréquentées. L'échéance n'est pas prise au sérieux», reconnaît Gérard Lansac, conseiller technique à la Chambre de commerce et d'industrie. Lui qui siège à la commision départementale d'accessibilité craint un sérieux embouteillage quand les commerçants se réveilleront. L'autre secteur inquiétant est celui des cabinets médicaux et paramédicaux. Un paradoxe, vu leur spécialité. A Toulouse, Nicole Dedebat, l'élue en charge du dossier, envisage sérieusement «de partir à la rencontre des ordres professionnels».