Les sous-traitants suspendus au plan d'économie d'Airbus

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L'avenir d'Airbus devrait être dévoilé mercredi à Toulouse, lors d'un comité central d'entreprise. Les résultats de l'audit commandé par son PDG, Christian Streiff, pourraient être validés demain par un nouveau conseil d'administration d'EADS. « Avec le gel des embauches, le non-renouvellement des intérimaires et de la sous-traitance d'ici à Noël, on s'attend au pire », explique Hubert Prévaud, délégué CGT Airbus. Délocalisations, plans d'économies de 2 milliards d'euros par an : ces scénarios catastrophes sont envisagés par les acteurs de l'économie toulousaine.

Les sous-traitants de Midi-Pyrénées, qui représentent 32 200 emplois sur les 53 000 du secteur, seraient les premiers à en subir les conséquences. « Le plus inquiétant concerne les sociétés qui travaillent quasi exclusivement avec Airbus, souligne Daniel Thébault, président régional du Medef. Une baisse de commandes de 10 % peut avoir des conséquences dramatiques pour elles. » L'organisation patronale planche sur des mesures, comme des aides de trésorerie, pour secourir ces entreprises en difficultés, telle Cap Gemini Toulouse. La société, spécialisée dans les solutions informatiques, emploie 900 salariés, dont la moitié sur les sites Airbus. « Nous possédons une marge de manoeuvre très réduite. On pourrait récupérer une dizaine de nos salariés, mais si cela concerne une centaine, on explose ! », déplore Ali Ould-Yérou, un salarié CGT.

Philippe Font

Tous les jours, 18 000 salariés fréquentent les trois sites toulousains d'Airbus. Parmi eux, 7 500 travaillent pour des sociétés sous-traitantes. L'Insee Midi-Pyrénées estime à plus de 550 le nombre d'établissements dont l'activité est liée à celle des secteurs aéronautique et spatial.