La piste chimique privilégiée

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Cinq ans après l'explosion, les experts judiciaires optent pour l'accident chimique. Dans un rapport définitif, présenté le 16 mai, ils concluent à une réaction explosive provoquée par le mélange involontaire de « quelques kilos » de produit chloré (le DCCNa) et des ammonitrates déclassés du hangar 221. Cette hypothèse met en cause l'organisation des flux de produits dangereux sur le site et leurs conditions stockage.

Le 31 mai, elle a donc conduit les juges Thierry Perriquet et Didier Suc à mettre en examen Grande Paroisse pour « homicides et blessures involontaires ». Le manutentionnaire à l'origine du mélange a pour sa part bénéficié d'un non-lieu à la mi-juillet. Et Serge Biechlin, l'ex-directeur de l'usine, reste la seule personne physique mise en examen à ce stade de l'instruction contre treize au début de l'enquête.

Total conteste toujours cette « thèse officielle ». « Les expertises sont fausses », estime Daniel Soulez-Larivière, l'avocat de l'industriel. Il a demandé cinq compléments d'information, dont une reconstitution. Persuadée qu'il y a eu deux explosions, l'association des ex-salariés en a de son côté demandé six. Ecartées par les juges d'instruction, toutes ces requêtes seront examinées le 12 octobre prochain par la Chambre de l'instruction. Enfin, selon le Garde des Sceaux, Pascal Clément, le « procès AZF » pourrait avoir lieu « courant 2007 ».

Hélène Ménal