Pierre Cohen: «Tout le monde doit pouvoir habiter à Toulouse»

MUNICIPALES 2014 Le maire (PS) de Toulouse a reçu "20 Minutes"...

Propos recueillis par David Blanchard, Béatrice Colin et Acacio Pereira

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Toulouse, le 24 janvier 2013. Pierre Cohen, maire socialiste de toulouse et président de la communauté d'agglomération dans son bureau de Toulouse métropole.
Toulouse, le 24 janvier 2013. Pierre Cohen, maire socialiste de toulouse et président de la communauté d'agglomération dans son bureau de Toulouse métropole. — Frédéric Scheiber / 20 Minutes

Vous serez de nouveau candidat l’année prochaine :
avez-vous des inquiétudes après votre courte victoire de 2008?

La question ne se pose pas comme ça. Je suis optimiste. François Hollande a raison. Il y aura un frémissement de reprise en 2013. Les choses se sont mises en place. Il y aura une prime au sortant, mais je n’ai pas la même notoriété que mes collègues qui sortent de deux mandats. Bertrand Delanoë [le maire de Paris], qui a un parcours un peu similaire au mien, est devenu incontournable après sa réélection en 2008.

Visiblement, les écologistes songent aussi à monter une liste cette fois: cela vous gêne-t-il?

Tout cela est lié au SMTC, le syndicat qui gère les transports. J’avais donné la présidence à un Vert, avant de la lui retirer parce qu’il a cru qu’il était porteur de l’avenir de l’agglomération.

Toulouse reste une ville très embouteillée, comment y remédier?

Les embouteillages existaient avant mon élection… Le problème, c’est quand, comme actuellement, un chantier de création de transports en commun occupe un espace jusque-là dédié à la voiture. On n’a plus les voitures, et pas encore le transport en commun. Mais j’ai l’impression qu’une bonne partie des Toulousains entend notre discours.

Comment adapter la ville à sa croissance démographique?

Toulouse est une ville aussi grande que Paris, mais avec 450000 habitants. Nous avons le défi de la densifier, tout en restant accessible à tous. Tout le monde doit pouvoir habiter Toulouse. Avant, la ville était dans une logique de rapport entre quelques-uns et des promoteurs immobiliers. Aujourd’hui, nous la pensons en termes d’habitants et d’emplois.

Avec un risque en termes d’emploi: celui d’être trop dépendant de l’industrie aéronautique?

Nous sommes dans une période moins noire que beaucoup de nos collègues. L’idée, c’est de profiter de ce qui émerge en termes de compétences. Le Commissariat à l’énergie atomique (CEA) va s’installer à Toulouse. Il nous manquait ce qui existe à Grenoble : des pôles de recherches technologiques. On a la capacité de peser sur de nouvelles filières.

Quelles sont pour vous les principales réussites de ce mandat?

La création de Toulouse Montaudran Aérospace, un lieu d’émergence de la richesse par la connaissance. La seconde, c’est le grand projet de ville, avec la remise à plat du quartier du Mirail.

Toulouse aura-t-elle son TGV?

Nous avons l’assurance du gouvernement d’être parmi les premiers. La ligne à grande vitesse nous inscrira dans ce maillage fondamental, sinon, Toulouse restera dans son enclave. On ne peut pas louper cet énième rendez-vous. Je suis assez confiant.