Il n'a pas laissé tomber son Bikini

AZF a changé leur vie (2/4). Hervé Sansonetto a vu sa salle de concert détruite par l’explosion

©2006 20 minutes

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Une simple route, traversée des centaines de fois en vingt ans. Mais depuis quelque temps, Hervé Sansonetto n'aime plus s'arrêter devant le Bikini, juste en face de là où il habite. Du moins ce qu'il reste de la mythique salle de concert, cinq ans après la catastrophe d'AZF. « Le cordon a été long à couper », avoue le patron, loin pourtant d'avoir le profil d'une mère poule. Mais la musique, c'est sa vie, et le tempo s'est suspendu un 21 septembre 2001. « Il y avait ma femme, mon fils et ma mère. J'ai eu comme un pressentiment, qui m'a fait partir de mon bureau, et puis la vitre a explosé. J'ai hurlé : “enculé” ! »

Depuis, il n'a plus arrêté. Il crie de sentir ces odeurs et de croiser ces panneaux Seveso. Mais il crie surtout d'impatience en attendant la réouverture du Bikini. « Si on m'avait dit que ça serait si long, je ne l'aurais jamais fait », affirme Hervé. AZF ne lui a pas laissé le choix, « on m'a volé quelque chose, c'est pas comme si j'avais décidé d'arrêter ». Alors, un peu comme une revanche, pendant cinq ans, l'esprit Bikini passe de salles des fêtes en discothèques, « comme le cirque Pinder », dit-il en souriant. Ce que la catastrophe a changé de plus durablement en lui, c'est cette douce assurance qu'ont les passionnés : « Ça n'a pas été rigolo tous les jours, avec le moral qui joue au yoyo, de se remettre en question. » D'autant plus difficile que les années passent. « Aujourd'hui, t'as l'air d'un con de parler d'AZF », conclut-il.

Anne-Marie Fontaine

Le Bikini nouvelle version verra le jour le 21 septembre 2007, peu après 10 h, sur les bords du Canal du Midi à Ramonville. Une date qui se veut symbolique pour « rouvrir une porte fermée six ans auparavant », souligne son patron.

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