La rentrée littéraire, version locale

©2006 20 minutes

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Il y a le nouveau Nothomb, l'impressionnant Littel, la polémique Angot. Ça c'est pour les chouchous de la rentrée littéraire. Et puis il y a les autres. Plus de 600 romans, qui, jetés dans la balance médiatique, ne font pas le poids. Surtout lorsque l'auteur habite en province et publie dans une petite maison d'édition. En Haute-Garonne, ils sont une dizaine à tenter l'aventure. Francis Pornon, écrivain toulousain, voit son Cap des sud, un carnet de voyages édité par Le temps des cerises, voguer en pleine tempête. « Les éditeurs misent sur les auteurs confirmés et les jeunes révélations. Je dois publier en dehors de la rentrée pour que l'on parle de moi », se résigne l'écrivain, la soixantaine. Ses deux prochains romans sortiront au printemps.

Thierry Bouchard, journaliste et chroniqueur littéraire, préfère son petit éditeur « qui se bouge » aux « usines à gaz ». Pour éviter à son petit dico d'actualité satirique de finir noyé dans la masse, il épluche son carnet d'adresses. « J'envoie un mail aux confrères en espérant qu'ils jouent le retour », explique l'auteur d'En un mot comme en cent (édition de l'Ixcèa). Autre astuce, caser des noms prestigieux sur la couverture. « Si le lecteur ne connaît ni l'auteur ni l'éditeur, il faut le rassurer avec la signature d'une personnalité », poursuit Thierry Bouchard avec amusement. Lui, c'est Patrick Poivre d'Arvor qui a assuré sa préface. Son livre aura juste le temps d'être aperçu en librairie, avant d'être chassé par les nouveautés. Une oeuvre passe en moyenne trois mois en rayon. Rentrée littéraire ou pas.

Anne-Marie Fontaine

Responsable littérature d'une librairie toulousaine, Lionel assure réserver une bonne place aux auteurs régionaux : « On fait un effort sur la quantité, mais il faut un article dans le journal pour que les ventes décollent. »