La réforme fait école localement

Béatrice colin

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En 2012, 81 % des conseils d'école toulousains se sont prononcés pour la semaine de 4,5 jours.
En 2012, 81 % des conseils d'école toulousains se sont prononcés pour la semaine de 4,5 jours. — F. Scheiber / 20 Minutes

Alors qu'à Paris, les instituteurs se sont mobilisés mardi contre un retour à la semaine de quatre jours et demie à la rentrée, en Haute-Garonne, la réforme des rythmes scolaires ne semble pas cristalliser autant de tensions. Il faut dire que, dans le département, «37, 4 % des écoles y sont déjà depuis des années», note Michel-Jean Floc'h, le directeur académique des services de l'éducation nationale. Avec en chef de file, la commune de Toulouse. «Nous sommes convaincus que c'est la bonne solution, tous les médecins et chronobiologistes disent qu'il est difficile pour les petits de remettre en route la machine le jeudi matin après une coupure», explique Gisèle Verniol, première adjointe à l'Education. Du coup, la ville prend en charge les enfants après l'école, en périscolaire. Un service qui coûte chaque année 17 millions d'euros, «mais qui est de notre responsabilité», assure l'élue.

Les maires divisés


Pour faire passer la pilule auprès des maires, l'Etat a décidé de donner un coup de pouce à ceux qui mettrait en place la réforme dès 2013, un an avant la date obligatoire : 50 € par enfant et par an. A Castanet, le maire Arnaud Lafon a fait ses comptes. «Nous avons 1 000 élèves, cela ferait une aide de 50 000 €, alors que le changement nous coûterait 180 000 €, soit une hausse de 1 % de la fiscalité locale», explique l'édile MoDem. Mais celui-ci s'appuie surtout sur un vote des 799 familles concernées. Sur les 39 % ayant donné leur avis, 55 % se sont prononcés pour ne sauter le pas qu'en 2014. A Colomiers, la mairie PS annonce, elle, «sa volonté politique de le faire dès cette rentrée, mais en concertation». Même son de cloche à Blagnac. «Nous avons tous les outils pour, mais il faut mettre tout ça en musique, c'est un peu lourd», convient Monique Combes, élue à l'Education qui rencontre jeudi les parents d'élèves. Leur principale fédération, la FCPE, s'est prononcée pour, d'autant que le conseil général «a annoncé l'organisation du transport scolaire le mercredi dès la rentrée».