Les riverains ont déposé un recours devant le tribunal administratif

Hélène Ménal

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Pas de trêve des confiseurs pour les opposants à la ligne PTT. Bien au contraire. «En collaboration avec les commerçants», l'Association de défense du quartier de Lardenne vient de déposer un recours devant le tribunal administratif. Ce dernier demande l'annulation du Plan de déplacements urbains (PDU). Récemment voté par Tisséo, contre l'avis des commissaires enquêteurs, ce document est une «feuille de route» qui programme l'ensemble des investissements à consentir d'ici à 2020 : la ligne PTT bien sûr, mais aussi le projet de téléphérique entre le Cancéropôle et Rangueil ou encore le prolongement du tramway le long du Canal. Si le PDU venait à être annulé par le tribunal, c'est l'ensemble de ces projets qui seraient menacés. «Les événements guideront notre conduite à tenir», précise l'ADQL qui compte utiliser cette procédure comme moyen de pression. Du côté de Tisséo, on n'a pas encore pris connaissance du texte de recours mais on déplore «que des intérêts particuliers» puissent «menacer l'intérêt général». ■

Les acteurs sont les mêmes mais les cartes ont été rebattues. Mardi soir, les responsables de Tisséo rencontrent les associations d'habitants de Lardenne pour un «atelier» sur la fameuse ligne Plaisance-Tournefeuille-Toulouse (PTT). Une desserte en bus à haut niveau de service (BHNS) dont ni les riverains, ni les commerçants ne veulent, de peur qu'elle dénature le quartier. Pour ce nouveau round, les riverains ont un nouvel atout dans leur jeu sous la forme d'un recours en justice (lire ci-contre). Les techniciens de la Smat*, le maître d'ouvrage, sont quant à eux armés des résultats des études menées à la demande des habitants sur des tracés alternatifs.

L'option des Pradettes


Celui qui passe par les Pradettes en épargnant l'avenue de Lardenne a particulièrement retenu l'attention des frondeurs. «Il suscite beaucoup de curiosité car il dessert des zones très peuplées sur des voies au gabarit mieux adapté», argumente Robert Bonnet, le président de l'Association de défense du quartier de Lardenne. La fréquentation quotidienne serait de 36 000 voyageurs, pas très éloignée de celle du premier projet (39 000). En revanche, sur ce tracé plus sinueux, un habitant de Tournefeuille mettrait trois quarts d'heures pour rejoindre Matabiau contre une demi-heure dans le scénario contesté. «Il s'agit d'une bonne desserte complémentaire dont le quartier des Pradettes a besoin, commente Joël Carreiras, le président de la Smat. Mais en aucun cas d'une solution alternative car le BHNS est une ligne structurante d'agglomération qui doit pousser des usagers à renoncer à leur voiture». Autrement dit les points de vue risquent d'avoir du mal à se rejoindre. Et, devant le casse-tête, le dossier devrait traîner en longueur pendant encore de longs mois. W