L'arnaque à la Sécu coûte cher aux kinés

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Hier, le tribunal correctionnel de Toulouse a condamné trois kinésithérapeutes à quinze mois de prison avec sursis et 100 000 e de dommages-intérêts pour avoir escroqué la caisse primaire d'assurance-maladie de la Haute-Garonne. Installés dans la Ville rose, ils étaient accusés d'avoir facturé des soins fictifs entre 2002 et 2004 dans des maisons de retraite du Comminges, causant un préjudice à la Sécurité sociale estimé à près de 400 000 e. « Le délit d'escroquerie est reconnu et le montant des dommages-intérêts est tout a fait exceptionnel. Pour la caisse, c'est une excellente décision, surtout qu'ils niaient les faits », estime Philippe Dumaine, avocat de la Sécurité sociale. Les deux gérants des maisons de retraite et les trois médecins prescripteurs des soins, accusés de complicité d'escroquerie, ont tous été relaxés pour ce motif. Mais les trois praticiens, parmi lesquels Philippe Perrot, le maire actuel de Saint-Gaudens, ont été condamnés à six mois de prison avec sursis pour faux en écriture.

« Je trouve la condamnation très lourde, je suis un peu choqué de la façon de vouloir faire un exemple. Par contre, le fait que les médecins et gérants soient relaxés pour complicité d'escroquerie fait tomber la thèse du réseau organisé mise en avant par la caisse », relève pour sa part Bertrand Désarnauts, défenseur d'un des kinés. Ces derniers devraient faire appel.

B. C.

Les trois kinés avaient été condamnés par le conseil régional de l'ordre à quatre à cinq ans d'interdiction d'exercer. Une peine ramenée à dix à douze mois par le conseil national.