A380 : les Airbusiens au septième ciel

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Ils étaient 474 à avoir décroché le gros lot : un billet pour le premier vol habité du plus gros avion de ligne du monde. Et hier, lorsque les salariés d'Airbus tirés au sort ont atterri sur les pistes de l'aéroport Toulouse-Blagnac après sept heures de vol, rien n'avait entamé leur bonne humeur. Pas même les quatre pages de questionnaire qu'ils ont dû remplir durant le voyage sur le confort et l'ergonomie de l'A380. « Un voyage fabuleux ! », a lancé un employé espagnol. De façon générale, tous les passagers maison de ce vol, baptisé sans euphémisme « XL 001 », ont été frappés par « l'espace et la luminosité » qu'offre l'appareil.

« Il est aussi spacieux et majestueux à l'intérieur qu'à l'extérieur », estime Marie-Pierre, salariée du service Données aérodynamiques, propulsée en première classe grâce à la « loterie ». Geoffroy, employé toulousain d'1,97 mètre, a dû « bien plier les genoux » pour rentrer dans son siège de classe éco. Malgré tout, il affirme qu'il ne s'est pas senti étriqué et s'étonne « du silence de l'appareil ». Dans sa sacoche, la salière et le menu plastifié de ce trajet mémorable.

Difficile de trouver un bug dans ce vol pourtant destiné à corriger les défauts. « Il a été techniquement parfait et sans le moindre incident », insiste Jacques Rosay, le chef des pilotes d'essai. « Nous avons embarqué en treize minutes, alors que nous tablions plutôt sur vingt », ajoute Richard Carcaillet, le directeur marketing du programme. Mais « puisqu'il faut chercher la petite bête », le cadre signale « qu'il n'y a pas de musique classique dans les choix proposés ». En plus, tous les films étaient en VO... Trois autres vols avec passagers auront lieu d'ici à vendredi.

H. Ménal

Seul nuage dans ce ciel d'azur, Airbus a annoncé hier le remplacement de Charles Champion, directeur du programme A380. Il fait les frais des retards de livraison de l'avion. Lire aussi p. 14.