Elèves sans papiers : une rentrée vigilante

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« Pas une seule chaise de classe ne doit rester vide. » C'était le mot d'ordre du Réseau éducation sans frontières de Haute-Garonne pour cette rentrée scolaire. Hier, à l'école Matabiau, le comité de soutien aux élèves sans papiers a distribué dès 8 heures des tracts aux parents d'élèves. Des mamans avaient préparé une petite banderole avec les noms des enfants de l'école menacés d'expulsion.

Pour Charles et Jani, c'est bon, ils ont eu leurs papiers. En revanche, les parents d'Anna et de Sébastien ont essuyé un refus de la préfecture. Une fois tout ce petit monde entré en classe, le comité fait ses comptes. « Il en manque deux », signale l'une de ses membres. « C'est normal, les enfants ont changé de logement durant l'été. Maintenant, ils sont à Cugnaux », lui répond Magali François. Avec d'autres parents de la maternelle, elle a organisé le mouvement dès l'apparition des premiers cas. C'est vers elle que les mamans étrangères se tournent pour demander des conseils sur le courrier qu'elles viennent de recevoir de la préfecture. Hier, des conseillers municipaux sont venus, telles Isabelle Rivière, des Motivé-e-s, ou encore Marie-Thérèse Martinelli, du groupe Communistes et citoyens. Toutes deux veulent remplir leur « rôle d'élues ». « L'un des enjeux, c'est d'arriver à la rentrée avec un maximum d'enfants scolarisés », insiste Marie-Thérèse Martinelli. Mais, alors qu'elles se rendent à l'école Bénezet, on les informe qu'un des enfants n'a pas repris les cours. « La maman a expliqué à l'institutrice qu'elle avait peur », rapporte la représentante des Motivé-e-s.

A l'école élémentaire Nord, François Simon, conseiller municipal de la Gauche alternative, donne son premier cours d'instruction civique. Parrain républicain d'Elisa, il est venu expliquer le parcours de la petite fille aux élèves de CE1. Depuis son arrivée de Roumanie, il y a trois ans, jusqu'à son ambition de devenir un jour avocate. « Pourquoi les gens veulent-ils la renvoyer ? », interroge Joey du haut de ses 7 ans.

Béatrice Colin

A Bellevue, Eminé, une lycéenne azérie majeure, a fait sa rentrée. Elle avait effectué un séjour en centre de rétention ce week-end.