Sécheresse : la Garonne sous perfusion

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Après un mois de juillet caniculaire et un mois d'août aride, la Garonne est au plus bas. Son débit à Toulouse est de 40 m3/seconde contre 50 habituellement à cette période de l'année. Mercredi, pour éviter qu'elle ne franchisse le seuil d'alerte, de nouveaux lâchers d'eau ont été décidés permettant d'augmenter son débit de 5 m3/ seconde.

En amont de Toulouse, à la Valentine, le seuil de crise est presque atteint et il n'y pas de possibilité de réalimentation avant le 1er septembre. La sécheresse est donc aiguë. « D'autant plus qu'elle a été précoce, précise Michel Bouziges, hydrologue à la direction régionale de l'Environnement. Les nappes ne se sont pas rechargées l'hiver dernier et déjà en juin nous avions des déficits jamais atteints depuis cinquante ans. La situation est un peu moins critique aujourd'hui puisque les agriculteurs ont moins besoin d'irriguer. Mais il faut qu'il pleuve ! » Et à seaux. Car, à force de soutenir artificiellement les cours d'eau, les stocks s'épuisent. « Nous avons déjà consommé la moitié des réserves de nos barrages, il reste deux mois de campagne de soutien, et l'on sait que statistiquement à Toulouse, le mois le plus difficile est celui de septembre. La situation est donc très tendue », prévient Bernard Leroy, chargé de mission du Syndicat mixte d'études et d'aménagement de la Garonne (Smeag).

Cette crise a-t-elle un impact sur l'écosystème ? « On n'a pas vu de poissons flotter le ventre à l'air mais on est passé tout prêt de la catastrophe », estime Olivier Plasseraud, hydrobiologiste à la fédération de pêche. Le spécialiste craint surtout les conséquences de la hausse de température de l'eau en juillet. « A 27 ºC, certains salmonidés ont pu être dissuadés de remonter le courant et nous ne les retrouverons pas dans les frayères cet hiver », dit-il.

Des arrêtés préfectoraux de restriction des prélèvements agricoles ont été pris durant l'été et restent en vigueur. La cellule de suivi de la sécheresse se réunira mercredi prochain en préfecture. Elle dira si de nouvelles mesures s'imposent.

H. M.

Une procédure de calamité agricole est en cours. Les agriculteurs sauront le 28 septembre s'ils seront indemnisés.