La défense ne s'avoue toujours pas vaincue

Éric Dourel

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Me Daniel Soulez-Larrivière, avocat de Grande Paroisse..
Me Daniel Soulez-Larrivière, avocat de Grande Paroisse.. — f. scheiber/20 minutes

Visiblement, Grande Paroisse a toujours du mal à digérer l'arrêt rendu le 24 septembre par la cour d'appel de Toulouse, dans l'explosion de l'usine AZF. Ce jour-là, la filiale du groupe Total a écopé de 225 000 € d'amende. Son directeur, Serge Biechlin, de 45 000 € d'amende et de trois ans de prison, dont deux ferme.
Jeudi, les avocats de Grande Paroisse ont lancé la contre-offensive en déposant une demande en récusation, visant directement un assesseur de la cour, la juge Maryse Le Men Regnier. « Cette magistrate est vice-présidente de l'Inavem, la fédération nationale d'aide aux victimes. Cette structure a signé en décembre 2011 un accord de partenariat avec la Fenvac, la fédération nationale des victimes d'accidents collectifs, qui était partie civile au procès et qui a reçu des dommages et intérêts. C'est une très lourde découverte car une juridiction se doit d'être impartiale », tonne Me Daniel Soulez-Larivière, conseil de Grande Paroisse.

« Un processus curieux »
« Ce n'est ni pertinent, ni très sérieux, car cette particularité était connue de tous bien avant le début du procès. Pourquoi ne pas l'avoir soulevé avant ? », s'interroge Me Thierry Carrere, avocat de l'association des sinistrés du 21 septembre. « Effectivement, comment se fait-il qu'un grand cabinet d'avocat découvre ce genre d'élément une fois que l'arrêt a été rendu ? En fait, Ils essaient de gratter les fonds de tiroir pour mettre la pression sur la cour de cassation en espérant se diriger vers un troisième procès. Cela paraît évident : ils refusent le jugement », s'enflamme Me Stella Bisseuil, avocate de l'association Familles endeuillées.
Même du côté de la cour d'appel de Toulouse, on trouve « ce processus curieux ». Surtout que ce n'est pas la première fois que Grande Paroisse met en cause l'impartialité de la cour d'appel. Lors de l'audience du 16 février, la défense de Grande Paroisse avait accusé un des magistrats d'avoir eu un geste injurieux à son encontre. Une demande de récusation avait été déposée illico. Sans succès. W