Que cache le nom des rues?

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Pour la première fois en 158 ans, la France a commémoré par des manifestations dans tout le pays l'abolition de l'esclavage, "une tragédie" qui fit des millions de victimes et était restée une zone d'ombre de l'histoire de France.
Pour la première fois en 158 ans, la France a commémoré par des manifestations dans tout le pays l'abolition de l'esclavage, "une tragédie" qui fit des millions de victimes et était restée une zone d'ombre de l'histoire de France. — Jean-Pierre Muller AFP

 On y passe sans les voir, sans lever les yeux sur les plaques commémoratives. Ces bâtiments anonymes, dont voici trois exemples, sont des lieux emblématiques de la Résistance ou de l’Occupation. On les retrouve tous dans Toulouse, mémoire de rues, un guide historique rédigé par Elérika Leroy.

- Le 11 rue de la Pomme : l’appartement servait de boîte aux lettres, de cache et de lieu de transit pour les volontaires désirant rejoindre le maquis. Mais la Milice a fini par être informée du manège. Le 22 juillet 1944, à un mois seulement de la Libération, elle tend une embuscade aux résistants dans l’appartement où trois d’entre eux se sont donnés rendez-vous. Arianne Fixmann, la locataire des lieux tombe sous les balles de la milice. Son ami, Thomas Bauer est arrêté et mourra le lendemain après avoir été torturé. Seul Raoul Léons, le chef de secteur des maquis du Tarn, s’est sorti – blessé - du traquenard.

- Le 21 rue d’Orléans. Cette maison proche du boulevard de Strasbourg a accueilli, au soir du 19 août 1944, la dernière réunion des chefs de la Résistance. Parmi eux le maquisard Albert Carovis, le musicien Lucien Cassagne et l’écrivain poète Jean Cassou. En cette nuit cruciale, ces hommes se sont organisés pour éviter qu’à la liberté ne succède l’anarchie.

- La villa du 2 rue Maignac aujourd’hui rue des Martyrs de la Libération : Cette villa a été réquisitionnée en novembre 1942 pour abriter les hommes de la Gestapo. Beaucoup de résistants, dans ces murs n’en sont jamais ressortis. Les Français employés par la Gestapo étaient logés dans l’immeuble d’en face, au 1 rue Maignac.